Le chômage baisse en France. Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 14 600 au deuxième trimestre, chiffre publié hier par le ministère du Travail. Doit-on s’en réjouir ?

Baisse du chômage
Baisse du chômage © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

S’en réjouir certainement, mais surtout pas s’en satisfaire. La baisse du chômage est évidemment une bonne nouvelle. 14 600 demandeurs d’emploi en moins, c’est autant de femmes et d’hommes qui ont retrouvé un poste, de plus en plus souvent en CDI. Sur un an, la baisse atteint pratiquement 2%. 

Depuis l’inversion de la courbe du chômage début 2016, le nombre de demandeurs d’emploi a chuté de 200 000. Des résultats qui auraient fait le bonheur de François Hollande, lui qui avait promis l’inversion de la courbe du chômage au début de son quinquennat. 

Pourquoi ne peut-on pas se satisfaire de cette baisse ? 

  1. D’abord parce qu’il reste encore dans ce pays 3 377 300 demandeurs d’emploi. Quand on élargit le champ en regardant non seulement ceux qui n’ont pas travaillé du tout, mais aussi ceux qui ont eu moins d’heures que ce qu’ils souhaitaient, les effectifs du chômage dépassent les 5,5 millions. C’est beaucoup trop. 
  2. Ensuite, la baisse va moins vite : - 30 000 fin 2018, - 24 000 au premier trimestre 2019, - 15 000 au deuxième trimestre... Chez les seniors, le recul semble déjà enrayé, un problème qui risque de s’amplifier si le gouvernement passe de 62 à 64 ans l’âge auquel il est possible de prendre sa retraite sans être financièrement pénalisé.
  3. Enfin, la performance en France reste très en-deçà de celle de ses partenaires. Le taux de chômage y est un tiers plus élevé que dans l’Union européenne. Seules l’Espagne et l’Italie font pire. 

Le chômage va-t-il continuer à baisser ? 

A priori, oui selon les prévisionnistes de l’Insee, la France devrait créer 250 000 emplois cette année. Même l’industrie s’est remise à embaucher ! Le taux de chômage pourrait revenir à 8,3% en fin d’année, plus bas niveau depuis douze ans. 

Sauf que si l’économie française continue son petit bonhomme de chemin, il n’en va pas de même ailleurs. Les indicateurs sur l’Allemagne sont maintenant à l’orange vif. Aux Etats-Unis, on s’inquiète de la prochaine récession. Et la Chine a de plus en plus de mal à maintenir sa croissance. 

La baisse du chômage en France semble bien fragile face à ces vents contraires. Il est donc urgent non pas d’arrêter les réformes qui touchent d’une manière ou d’une autre au travail, mais au contraire de poursuivre le mouvement pour faire prospérer encore davantage l’emploi. 

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