Retour non pas sous l’angle des recommandations de ce rapport auquel plusieurs centaines de personnes ont contribué pendant un an. Mais sous l’angle de ce que l’on y apprend de neuf, de surprenant. Sur le fond, beaucoup attendaient un catalogue de mesures clés en main - comme le rapport Attali ; en fait, l’ambition de ce travail, c’était plutôt des objectifs. Et c’est la raison pour laquelle Manuel Valls, le Premier ministre, n’a pas caché en privé sa « déception ». Mais en regardant de près, on trouve quelques éléments factuels intéressants au-delà de tout ce que l’on sait sur la dette, le chômage, etc etc. On en retient quatre.Commençons par le plus sombre : l’indicateur du décrochage. Jean Pisani-Ferry vous en a parlé, c’est à ma connaissance la première fois qu’il figure noir sur blanc dans un rapport officiel rédigé par un organisme officiel. Si on prend le revenu par tête, il est désormais inférieur de 6% à la moyenne des seize pays dont nous étions proches il y a vingt-cinq ans. Ce décrochage, la plupart des Français le ressentent, il est dû au recul de la productivité, en clair la production par personne.Deuxième indicateur, nettement moins gris, et même plus rose ! C’est un atout incontestable, la démographie – regardé sous un angle original. Dans vingt ans, l’âge médian de la population française sera de 43 ans, la moitié des Français auront plus de 43 ans, la moitié moins de cet âge. Mais il sera de 50 ans en Allemagne, en Espagne et en Italie. Dans les rues, dans la vie, cela se voit déjà, cela se verra encore plus.Troisième indicateur de votre patchwork : le nombre de réformes. Avec une surprise ! La Commission européenne compte le nombre de réformes économiques et sociales dans chaque pays. Nous sommes un de ceux dans lequel il y en a le plus alors qu’on entend souvent que la France ne se réforme pas … Sur la décennie 2000, il y en a eu 27, presque trois par an ! La vérité, quand on se compare aux autres, est qu’il y a des réformes mais qu’elles sont limitées et qu’il faut recommencer sans cesse. Cinq pour les retraites en vingt ans. Cette méthode des petits pas stresse tout le monde et ne marche pas.Dernier chiffre signifiant : le degré d’ouverture de notre économie. Surprenant, là aussi. C’est la somme de ce que représente la somme des importations et des exportations dans le PIB. En France, c’est 57%, moins qu’en Allemagne bien sûr, mais aussi qu’en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne. Pour Jean Pisani-Ferry, la mondialisation va continuer et la France a tout intérêt à s’ouvrir davantage au monde.Exceptionnellement, vous voulez rajouter un dernier indicateur ! Qui n’a rien à voir. C’est ce matin la dernière chronique Erudit doudam d’André Manoukian. Au terme de cette année, nous nous sommes trouvés 149 fois l’un en face de l’autre, j’ai fait des progrès fulgurants en culture musicale, et ce fût surtout chaque jour un plaisir !

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