Pour faire aimer l’Europe à ses 446 millions d’habitants, il faut trouver le bon équilibre quelque part entre l’Europe d’en haut et l’Europe d’en bas. Elle est souvent trop-haute (les batailles budgétaires) ou trop basse (la taille des bananes).

L’Europe d’en haut, c’est celle dont on va beaucoup parler ces prochains jours : l’Europe des négociations sur le Budget et sur le plan de relance, l’Europe de la BCE. Là-haut, l’unité de mesure, c’est la centaine de milliards, et la question a été, face à la crise, de savoir si on sera sous ou au-dessus du millier de milliards. Tout le monde négocie en secret et en public, le jour et au bout de la nuit, des enveloppes à financer et se répartir : c’est vital mais au fond cela ne « parle » à personne. 

A l’inverse, L’Europe d’en bas, c’est l’Europe hyper-concrète, celle qui a fait le marché unique mais celle qui fait soit sourire tout court parce que c’est bien, soit sourire jaune. Quand Bruxelles décide que les appels téléphoniques ne sont pas plus chers entre pays européens qu’à l’intérieur de chacun (le roaming), c’est bien. Quand elle se ridiculise sur la taille des chasses d’eau et des bananes, ce n’est pas bien : on se moque. En réalité, ce que l’on attend pour y croire, c’est l’Europe d’entre le trop haut et le trop bas.

L’Europe à hauteur de vie et pourquoi pas de désir

C’est l’Europe qui hausse le ton vis-à-vis de la Chine, désignée comme « rival systémique » : c’est clair et net, c’est un continent qui se met debout. S’il passe à l’acte et on verra sur la taxe carbone aux frontières et Huawei. Cette Europe espérée (et c’est le cas depuis dix jours), c’est celle qui achète ensemble des vaccins contre le virus : cela nous concerne tous. 

Cette Europe utile sera(it) celle qui trouve un dispositif illustrant l’ambition climatique. Celle qui rendrait le plan de relance concret et visible : des millions d’entre nous se souviennent des panneaux, partout, signalant des chantiers au bord des routes : « financé par l’Europe ». Pour commencer, la Commission devrait se demander pourquoi les Européens se sont informés chaque jour sur le Covid avec les données fournies par une Université américaine (John Hopkins) et non l’ECDC européen que personne ne connaît. Voilà, assurément, une belle occasion manquée à hauteur de vie.

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