Votre journal, Les Echos , dévoile ce matin le bilan annuel de la lutte contre le travail illégal traqué par la sécurité sociale. Et les résultats sont spectaculaires.

Oui, les Urssaf qui encaissent les cotisations sociales sont de plus en plus à la fois volontaires et efficaces pour débusquer les entreprises qui fraudent aux cotisations sociales. Le montant des redressements pour travail illégal, plus de 400 millions d’euros l’an dernier, a tout simplement été multiplié par dix en dix ans, et il a encore grimpé de 25% en 2014. De quoi parle-t-on ? Le plus généralement d’entreprises qui « oublient » (entre guillemets bien sûr) de déclarer leurs salariés. Ce qui est intéressant est la fin de la tolérance pour ce genre de comportements, la raison numéro un étant naturellement que les caisses sont vides.

Mais ce n’est pas la seule raison...

Non, vous avez raison. Ce qui a changé et qui permet de mieux appréhender les fraudes, c’est -une fois de plus- le numérique : les fichiers se croisent, les bases de données deviennent immenses et il est plus difficile de passer entre les mailles du filet. L’assurance-maladie va utiliser cette année ces nouveaux instruments pour repérer la fraude à la couverture maladie universelle. La branche des allocations familiales y va elle aussi. Et on sait que le fisc a récupéré énormément d’argent avec la fin du secret fiscal avec la Suisse. Mais le mouvement ne fait que commencer. La Cour des comptes « salive » déjà des recettes qui vont pouvoir être récupérées. Personne ne devrait s’en plaindre. C’est un sujet différent, mais on a appris ce week-end qu’Amazon a décidé de payer des impôts dans tous les pays où l’entreprise travaille et plus seulement au Luxembourg.

Le bilan 2014 des Urssaf met en évidence une profession qui bat des records de fraude sociale...

Exactement, ce sont les ... sociétés de gardiennage, vous savez, dans les entreprises, les parkings souterrains – partout en fait. Eh bien, une entreprise sur trois (29% précisément) fraude ou frauderait, selon cette enquête. En clair, ne déclare pas ses salariés ou tous ses salariés, ou toutes les heures travaillées. C’est un record... Les années précédentes, des contrôles exhaustifs sur une profession avaient été menés dans le BTP (14% de fraude), le commerce etc. Le gardiennage, où la concurrence sur les prix doit être violente, arrive en tête. Les Urssaf accumulent petit à petit une documentation générale et publieront un jour un diagnostic global sur la fraude aux cotisations sociales en France.

Restent quand même quelques trous noirs...

Il en reste un qui est apparu depuis quelques années seulement : c’est le travail détaché. Les maçons polonais ou roumains qui viennent travailler quelques jours, semaines ou mois en France. C’est un maquis juridique alors que le nombre de salariés détachés ne cesse de grimper. Mais là, c’est davantage encore un problème de concurrence faussée entre entreprises que de cotisations sociales.

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