Ce matin, certains de nos auditeurs vont travailler, d’autres font le « pont ». Et vous vous intéressez à nos … petits déjeuners.

Oui, et à un produit spécifique : le beurre. Il faut savoir que le cours mondial du beurre est en train de battre des records, que peu de monde en parle et qu’il faut réparer cette injustice ! Car c’est un exemple intéressant de la loi de l’offre et de la demande, dont les effets sont souvent infiniment plus importants pour certains secteurs économiques que toutes les mesures que peuvent prendre les pouvoirs publics et dont on parle, là, matin midi et soir. Il y a un an exactement, la tonne de beurre s’échangeait à 2.450 euros. Aujourd’hui, elle vaut plus de 4.500 euros.

Cela a des conséquences pour l’industrie agro-alimentaire qui utilise du beurre dans ses produits et pour la filière de la boulangerie-pâtisserie qui a tiré la sonnette d’alarme il y quelques jours. Certains industriels ne trouvent plus de beurre abordable ! C’est le résultat 1- d’une pénurie sur le marché parce qu’un certain nombre d’éleveurs de vaches laitières ont cessé leur activité en raison de la baisse du prix du lait. 2- d’une demande très forte et qui monte depuis que le beurre est redevenu à la mode. Les chercheurs nous expliquent que le beurre n’est plus synonyme de risque cardio-vasculaire (c’est de la bonne graisse végétale) et quand par exemple MacDo a remplacé la margarine par du beurre dans ses restaurants, cela a augmenté la demande de 20.000 tonnes. En plus les Asiatiques ont découvert les équivalents de Top Chef et en redemandent.

Qui est gagnant, qui est perdant ?

C’est une très bonne nouvelle pour les producteurs et les industriels du lait et la transformation du lait, et cela compense un peu la crise laitière. C’est beaucoup plus compliqué pour les industriels qui achètent le beurre pour fabriquer des gâteaux, des galettes ou des croissants par exemple. Pour les consommateurs que nous sommes, la hausse n’est pour l’instant pas très sensible dans le commerce, elle est très encadrée. Mais cela ne durera pas forcément. Vous savez, Pierre, ce sujet concerne des centaines de milliers d’acteurs économiques et s’il y a un regret à avoir, c’est que l’on ne parle pas suffisamment de l’économie très concrète.

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