Emmanuel Macron avait promis que la lutte contre le Covid se ferait "quoi qu’il en coûte". Depuis, il n'est pas un secteur d'activité en France et en Navarre qui ne demande son plan d'aide. Attention aux effets d'aubaine.

Le président de la République lors de son discours le 12 mars 2020
Le président de la République lors de son discours le 12 mars 2020 © AFP / Ludovic Marin

"Quoi qu'il en coûte" : c’était la formule marquante de l'intervention d'Emmanuel Macron le 12 mars, regardée par 36 millions de Français. Nous combattrons le virus et soutiendrons l’économie « quoi qu’il en coûte », avait-il répété trois fois. 

Il faut croire que la formule a été retenue : il ne se passe pas un jour sans qu’un secteur d’activité, une entreprise privée ou publique, un syndicat, une association, un festival, un lobby, ne se présente pour demander une aide de l’Etat., un plan d’urgence ou un un soutien exceptionnel. 

Or en réalité, dans la période actuelle, il est compliqué de faire le tri entre ce qui est légitime et ce qui peut être excessif voire abusif. Pour l’instant, le choc économique et social ouvre toutes les tirelires. Mais arrivera un moment où il faudra quand même faire (pardonnez le pléonasme) un tri sélectif. 

Aujourd’hui, Emmanuel Macron présentera le plan automobile : difficile de s’y opposer. La semaine dernière c’était le tourisme : chacun voit pourquoi. Bientôt l’hôpital : c’est une évidence. Etc. etc. Les milliards, les dizaines de milliards valsent et vont valser, toutes les coutures du portefeuille ont sauté et on arrondit à la dizaine supérieure pour ne pas faire petit bras. 

Alors attention on ne dit pas que le pare-feu installé pour protéger les emplois (avec le chômage partiel) et les entreprises (avec les prêts garantis aux entreprises), que ce n’était pas nécessaire. Non.

Mais la France et ses responsables politiques où qu’ils soient ont une relation tellement amoureuse avec la dépense publique que l’enthousiasme à dépenser devient presque suspect. 

Un exemple ? Le ministère du travail a annoncé hier soir que la prise en charge du chômage partiel va continuer à partir du 1er juin dans des conditions à peine moins favorables pour les entreprises… avant même de savoir quels secteurs économiques sont repartis (et à quel rythme) ou pas après deux semaines de déconfinement. Cela, on le saura par l’Insee demain matin. Les risques d’effet d’aubaine sont réels. 

Un autre exemple ? Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation, a annoncé ce mardi matin (sur LCI) que l'enveloppe de 500 millions d'euros prévue pour la hausse des salaires des enseignants dès maintenant dans le cadre de la réforme des retraites était toujours d'actualité... alors que la réforme des retraites ne l'est peut-être plus. Cette revalorisation était censée compenser l'absence de primes, pénalisante avec le passage à un système par points. 

Comment payer tout cela... plus tard ? Il n’y aura ni inflation, ni croissance XXL et on peut toujours rêver que par un coup de baguette magique, les dettes disparaissent. Mais quand on parle d’argent, dans la formule ardoise magique, le mot ardoise compte autant que le mot magique !

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