Par Bernard Maris.

Comment créer de l’emploi quand il n’y a pas de croissance ? Nous attendons aujourd’hui les chiffres du chômage qui ne seront pas bons, autour de 10,5%. Dans un pays comme la France, où la demande de travail est forte, parce que la population active est en croissance, plus de 100000 nouveaux demandeurs d’emplois chaque année, et oui, les enfants grandissent ! Eh bien, il faut du 1,5 ou 2% pour créer des emplois. Que faire ? Partager le travail, c’est ce que font nos amis allemands, les femmes sont moins actives, trois millions de personnes occupent des petits boulots à 3 euros de l’heure ou moins, et les réductions de temps de travail négociées au cas par cas avec les entreprises permettent d’amortir les fluctuations de la conjoncture ; c’est ce que devrait autoriser désormais l’accord compétitivité emploi signé en janvier. Mais tout ça ne suffit pas, c’est un peu du partage du chômage autant que de la vraie création d’emploi ; donc ! il faut susciter de l’activité.Et est-ce que le gouvernement peut susciter de l’activité ? Oui. De façon qualitative par exemple, en simplifiant les normes de la construction pour accélérer la réalisation des projets dans le bâtiment. Ou en donnant de l’argent. La Banque publique d’investissement. Si vous avez la curiosité d’aller sur le site du Ministère de l’économie et des finances, et regardez le « Pacte National pour la compétitivité et l’Emploi » vous trouverez 35 mesures concrètes pour aider essentiellement les PME PMI car on a enfin compris en France que les PME PMI créaient des emplois tandis que le CAC 40 en détruisait. Admettons, hypothèse héroïque, qu’on trouve de l’argent pour les PME PMI. La question est : pour faire quoi ?Du vert. Du photovoltaïque par exemple. Or la filière française perd 14000 emplois à cause du dumping chinois sur les panneaux solaires ; et le gouvernement n’en peut plus de subventionner des postes qui sont des postes de fonctionnaires déguisés.Donc tout est perdu ? Non. Car il y a la botte secrète, qui est l’action numéro 17 !L’action n° 17 ? L’action n°17 des 35 actions. « Développer une stratégie d’attractivité pour attirer les talents internationaux, les grands projets d’investissements, ainsi que les activités culturelles. » Et je vous vois vous étouffer, car, vous vous dites, avec une fiscalité confiscatoire, les talents, on les fait décamper? Non. Un des grands secrets du dynamisme et de la croissance américaine, était, je dis bien était, car les Bush ont changé les choses, la capacité des Etats-Unis à attirer la crème des étudiants et des talents internationaux. Et ça, grâce à un système universitaire extraordinaire. Si vous voulez faire une thèse de linguistique comparative entre le provençal et le béarnais, ce n’est pas à Toulouse qu’il faut aller c’est dans le Maryland. Un des moyens de dynamiser l’économie française serait de refaire de la France une plate forme universitaire et culturelle. Au moment de la chute du Mur, la France aurait du accueillir tous les talents de l’Est, souvent francophones. Elle a raté le coche. Il n’est jamais trop tard pour refaire de ce pays le paradis des artistes et des chercheurs qu’il fut autrefois. Et la France va simplifier la délivrance des visas pour les talents étrangers, c’est ce que viennent d’annoncer les ministères de l’Intérieur et des affaires étrangères !

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