C’est le deuxième jour de la visite en France du président chinois. Et c’est le jour des premiers contrats économiques.

C’est un grand classique quand il y a des visites françaises à Pékin ou des visites chinoises à Paris. Quel sera le montant des contrats ? On n’est pas sûr que les Chinois de Chine y prêtent autant d’attention que nous – on est même sûr du contraire -, mais on va peser au trébuchet ce que Scie Jingping signera à Paris. Et on comparera avec ce qui se passe à Berlin ou ailleurs. Et après tout, c’est normal, ce sont pour nous des emplois. Mais ce qui est intéressant cette fois-ci est que ce qui sera signé aujourd’hui à l’Elysée change de nature. Et montre oh combien qu’il ne s’agit plus simplement de rapports entre un pays développé – nous – et un pays en développement ou émergent – la Chine - qui se contente de fabriquer des teeshirts et des I-phones à bas coût et à bas prix et qui offre des débouchés pour nos entreprises.

Parce que, là, nous touchons à des symboles…

Au-delà de la fin du blocus sur les vins européens et d’un accord sur la charcuterie, il y aura l’officialisation de l’entrée de Dongfeng au capital du groupe automobile PSA. Le chinois apporte 800 millions d’euros contre 14% du capital. C’est le plus gros investissement jamais réalisé par une entreprise chinoise en France. L’autre fait marquant, c’est le booster donné à un partenariat entre Airbus Helicopters – c’est l’ex Eurocopter – et les Chinois pour fabriquer en Chine et en France au moins 1.000 – j’ai bien dit 1.000 ! - hélicoptères EC175 au cours des vingt prochaines années. Le site de Marignane est directement concerné. Et il y aura les classiques commandes d’Airbus (dont on ne sait jamais si elles sont nouvelles ou ré-annoncées) et les non moins classiques interrogations sur les partenariats sur le nucléaire civil.

Pourquoi ces accords sont-ils significatifs ?

Parce que ce sont des accords entre égaux, entre adultes consentants. Et que quand on y réfléchit une seconde, on peut même se demander s’il n’y a pas désormais davantage de partenariats, de joint-ventures, de croisements capitalistiques entre des grands groupes français et des groupes chinois qu’entre des Français et des Allemands. Le Club Méditerranée, Areva, PSA, Renault, Airbus et ses usines en Chine, Alcatel, etc. Naturellement, comparaison n’est pas forcément raison : parce que pour travailler en Chine, il faut obligatoirement avoir un partenaire local ; et parce que le marché est tout simplement gigantesque, 1,3 milliard d’habitants. On parlait des hélicoptères civils : aujourd’hui, il y en a 350 qui volent ; dans vingt ans, il y en aurait 5.000 ! Au total, les relations entre Paris et Pékin ont bien changé en quelques années.

Cela étant, le déficit commercial est toujours là !

Oui, énorme et bien connu, 26 milliards. Mais j’ai envie de retenir un autre chiffre. Le volume des échanges entre la France et la Chine (importations et exportations) s’élève désormais à 61 milliards. C’est deux fois et demi moins qu’avec l’Allemagne. Mais ce n’est que deux fois et demi moins que l’Allemagne. La Chine est déjà notre quatrième partenaire… devenu donc, absolument majeur.

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