L’Insee a publié il y a quelques minutes les comptes des administrations publiques à la fin 2017.

L’élément principal est à la fois une bonne nouvelle et une nouvelle légèrement déprimante. La bonne nouvelle est que pour la première fois depuis 2007, il y a dix ans, le déficit public français est passé l’an dernier sous la barre des 3 % du PIB. Il s’est établi à 2,6 %, soit moins qu’attendu il y a encore quelques jours. Le déficit public est le total du déficit de l’État, des collectivités locales et de la sécurité sociale, mais c’est pour l’essentiel celui de l’État. 

La France va donc sortir de la procédure de déficit excessif lancée contre elle par Bruxelles en 2009, procédure infamante, mais qui existe parce que des pays qui ont la même monnaie ne peuvent pas trop diverger – c’est la différence avec les Etats-Unis qui s’en moquent totalement. 

Maintenant, la nouvelle déprimante : la France, même si les choses s’améliorent, a affiché un des deux déficits les plus élevés en zone euro, avec l’Espagne. Le paradoxe politique est que la plupart des responsables politiques et des Français jugent cette situation normale, n’en ressentent aucune gêne particulière, avec les meilleurs arguments du monde : les taux d’intérêt sont bas, c’est le moment de s’endetter ; investir pour l’avenir autorise tout ; sans oublier le bras d’honneur adressé aux esprits comptables. 

Ces arguments ne sont pas tous faux mais ils sont  surtout  si intelligents qu’on ne comprend vraiment pas pourquoi les autres Européens ne les partagent pas.

L’Insee apporte deux autres informations...

La dette publique s'élève à 2.218 milliards d'euros. 

Quant au niveau des prélèvements obligatoires, il s’est établi à 45,4 % du PIB en 2017, avant donc les allégements de taxe d’habitation et d’ISF prévus par exemple cette année, contre 44,6 % en 2016. Il y a des explications techniques, y compris la taxe spéciale sur les entreprises après l’annulation de celle sur les dividendes par le conseil constitutionnel. C’est aussi le résultat davantage de recettes qui rentrent bien que de hausses d’impôts ou de cotisations. 

Mais un taux de prélèvements obligatoires, de PO, à 45,4 %, c’est tout bonnement un record historique en France. La barre des 45 % n’avait jamais été franchie. Celle du ras le bol fiscal risque de l’être aussi.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.