Vous espériez bientôt vous tourner les pouces à l'arrière de votre voiture qui se dirige toute seule ? Eh bien, il va falloir attendre un peu : la priorité, c'est la voiture électrique.

C’est un tournant qui est train d’être pris par un certain nombre de constructeurs automobiles qui, discrètement, remisent au garage les très grosses ambitions affichées il y a encore un an sur la voiture autonome. Vous voyez, le frein, le tournant, le garage : je ne lésine pas sur les images à un euro ! 

Plus sérieusement, la priorité aujourd’hui, c’est plutôt le véhicule électrique, et cela nécessite des investissements absolument gigantesques. Du coup, l’autonomie passe … sur la plage arrière. Très concrètement, le groupe PSA vient d’annoncer qu’il n’irait pas au-delà d’une autonomie de niveau 3 pour les particuliers. Le plan gouvernemental présenté il y a un an prévoyait un niveau 4 en 2022 – c’est oublié. 

Pour rappel, le niveau 0, c’est la voiture où le conducteur fait tout ; le niveau 1, c’est le régulateur de vitesse ; le 2, la voiture se gare toute seule, accélère et freine dans les embouteillages – on le voit aujourd’hui ; le niveau 3, elle se débrouille sur l’autoroute mais le conducteur doit être prêt à reprendre la main tout de suite, bref avoir les mains tout près du volant. Là-aussi, il y aura du retard, pour des raisons financières mais aussi règlementaires en Europe – peu probable que cela soit 2020 comme prévu. 

Mais ce qui s’éloigne à vitesse grand V, c’est l’autonomie de niveau 4, où la voiture gère les problèmes comme une grande, et le 5 où il n’y a plus besoin ni d’humain ni de pédale. Le problème est la question de la responsabilité en cas d’accident et le coût faramineux, 100.000 euros la voiture, estime Carlos Tavares, patron de PSA, qui ajoute : celui qui peut se la payer n’est pas derrière le volant, mais sur la banquette arrière, il a déjà un chauffeur.  

Marseille-Lille en relisant Tolstoï n’est donc pas pour demain ? Sans conducteur ? Non. Sur les innovations technologiques, il y a toujours des phases d’enthousiasme, puis d’atterrissage avec le réel, et le réel, là, c’est la lutte contre le CO2. Attention néanmoins : les robots-taxis vont arriver quand même, et les géants de numérique comme Google et Apple peuvent créer la surprise. Mais au total, l’électrique a la priorité.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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