Les tests deviennent le nouvel enjeu sanitaire, économique mais aussi industriel. Macron en promet 29.000 par jour. A ce rythme, il faudrait deux mois et demi pour tester 10% des Français.

Covid -19 : où sont les tests ?
Covid -19 : où sont les tests ? © Getty / Liu Zhongjun

Après les masques de protection, la question des tests est le sujet qui s’impose ces dernières heures sur le terrain comme dans le débat public. On parle aujourd'hui des tests pour repérer les malades y compris asymptomatiques (la virologie), on commence à parler des tests de recherche d’anticorps pour savoir qui est immunisé (la sérologie). 

Bien sûr, les soignants au sens large, y compris ceux des maisons de retraite qui au contact des personnes à risque, les salariés des laboratoires d’analyse, doivent tous être prioritaires. 

Mais beaucoup d’entreprises le disent aussi : l’économie en service minimum ne tournera pas encore un mois, d’autres secteurs ne redémarreront pas si les salariés ne retrouvent pas un minimum de confiance, avec des masques et des tests. Des tests qui permettent de savoir qui est malade, qui a été malade et qui peut contaminer les autres. 

Le gouvernement change de pied et promet désormais 29.000 tests par jour d’ici peu, a indiqué Emmanuel Macron mercredi soir dans l'Est. On a longtemps été autour de 5.000. 

Si cela a tardé, c’est que la France manque de tests, et c’est une chasse mondiale. Il y a quelques jours, Donald Trump, ont raconté le New York Times et Business Insider, a envoyé des avions acheter les stocks d’un gros fabricant italien. Hier, Madrid a annoncé l’achat à la Chine de 550 millions de masques et de 5,5 millions de tests. 

La filière est complexe. En Europe, BioMérieux, Quiagen, Roche, Eurofins, et aux Etats-Unis, Abbott, Hologic, LabCorp, Thermo Fischer Scientific, sont en flux tendu. Le problème est qu’il y a des tensions énormes : il manque des écouvillons (ce qu’on vous met dans le nez), des produits réactifs qu’on ne fabrique pas en France etc. 

Tout est compliqué : BioMérieux a d’abord un contrat avec la Défense américaine, le Suisse Roche dessert en priorité l’Allemagne et la Suisse, et il y a aussi des grosses questions logistiques.

Cela va-t-il s’améliorer ?

Oui. La montée en charge des tests va être réelle. Mais il faudra déterminer la stratégie : quelle proportion de la population tester pour que le pays et l’économie redémarrent dans quelques semaines. 

Une économie qui tourne à 65% de ses capacités, vient de dire l’Insee il y a dix minutes - avec certains secteurs à l'arrêt (la construction).

L’OMS dit « testez, testez, testez ». Avec 30.000 tests par jour, cela fait un million de Français testés en un mois. Est-ce suffisant ? Pas sûr.

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