**Le Parlement va adopter définitivement aujourd’hui le budget de la sécurité sociale pour 2010. Oui, les députés et les sénateurs se sont mis d’accord sur un texte commun. Mais ce texte, en réalité, montre bien les limites de l’exercice auquel se sont tour à tour livrés le gouvernement puis le Parlement. En apparence, tout va bien : malgré la crise, les dépenses de santé continueront d’être remboursées, les retraites et les allocations familiales seront payées. Mais c’est un trompe l’œil. Nous sommes au bout d’un système, trois chiffres suffisent à le montrer : le déficit de la « sécu » était déjà de 10 milliards d’euros l’an dernier ; il dépassera 23 milliards cette année ; et franchira en sifflotant la barre des 30 milliards en 2010. Peut-on, pour se rassurer, comparer ces « trous » avec un abysse bien plus considérable encore, celui de l’Etat. Pas vraiment : si on peut à la limite dire que l’Etat investit dans l’avenir en payant les enseignants, faire financer les consultations de médecins d’aujourd’hui par les générations suivantes n’est guère moral. Mais ce n’est pas très nouveau…. Ce qui l’est, c’est que l’on vérifie désormais que ce déficit social ne se réduira ni par l’opération du Saint-Esprit, ça on le devinait, ni par la fin de la crise et le retour de la croissance. La crise et la hausse du chômage ont réduit les rentrées de cotisations. Mais celles-ci ne sont pas aussi élastiques que la TVA ou l’impôt sur les bénéfices des sociétés qui peuvent revenir demain au galop dans les caisses de l’Etat. En plus, l’augmentation des dépenses sociales est structurelle, car liée au vieillissement de la population. Depuis dix ans, les seules dépenses de santé ont augmenté de 3 à 7% par an. Le résultat est clair et officiel : pour que le déficit de la sécu ne soit pas pire qu’aujourd’hui, il faudrait une croissance économique de 2,5% par an - on n’y est pas - , une masse salariale de+ 5% par an, c’est un rêve, et des frais de santé calés sur + 3%, on a toujours fait plus ! Que conclure de ces perspectives pas très roses ? Qu’il faut être convaincu que les rustines habituelles ne suffiront plus. Les mesures du budget 2010 portent sur 3 milliards seulement, et elles ont déclenché un tollé, comme la hausse du forfait hospitalier qui rapporte … 130 millions d’euros. Eric Woerth, le ministre du Budget, a repris son bâton de pèlerin hier dans « Le Monde » pour envisager d’autres économies – ce qui est courageux parce que au point où on en est toute mesure coûte cher politiquement sans rapporter beaucoup financièrement. A l’hôpital ou sur la prise en charge des maladies de longue durée. On sait aussi qu’il y aura une réforme des retraites en 2010. Pourra-t-on éviter une hausse des prélèvements ? C’est peu probable. Comme elle est exclue d’ici 2012, elle aura lieu juste après. En attendant, il n’est pas sûr que la majorité et l’opposition aient raison de rester discrets sur leurs stratégies de moyen terme. Et d’abord sur la santé, parce que celle-ci est, pour les Français, l’élément le plus important de notre pacte social et que les dépenses, qui restent à notre charge, entre l’assurance complémentaire et tout ce qu’on doit payer de notre poche, a augmenté de 40% depuis 2001. Et Dominique, vous vouliez aussi signaler un coup de pouce fiscal aux donations dans les familles ? Oui, les donations que les grands-parents font à leurs petits enfants âgés de plus de 18 ans vont être exonérées d’impôts jusqu’à l’âge de 80 ans, contre 65 ans aujourd’hui. Jusqu’à 31 000 euros par petit-enfant.**

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