Ce matin : de la difficulté de la COP21… petite illustration par les carburants – expliquez-nous ça !

Je vous préviens, c'est une chronique où il va falloir s'accrocher et faire un effort pour suivre. Dans quatre jours, s'ouvre la COP21, et ses discussions politiques et techniques. On sait ce qu'il faudrait faire : donner un prix au carbone, le taxer ou fixer des droits d'émission, pour diriger les acteurs économiques vers des énergies alternatives. C'est ce que défend encore avec force dans Les Echos ce matin Jean Tirole, notre Prix Nobel d'économie. Alors, le cas des carburants est intéressant parce que c'est ce qu'essaie de faire le gouvernement : utiliser la fiscalité pour augmenter les prix à la pompe et pénaliser en plus le diesel. Il a prévu de relever progressivement la CCE et il module la TICPE sans oublier la TGAP. Dans le budget 2016, la taxe intérieure sur les produits énergétiques augmente pour le diesel et baisse pour l'essence ; dans le collectif budgétaire discuté par les députés depuis hier, petit correctif : elle ne baisse que pour l'essence qui contient 10 % de bioéthanol, le SP95-E10 ; c'est sans compter la contribution climat énergie, appelée vulgairement la taxe carbone, qui grimpe par paliers. Bref, pour résumer, ces mouvements browniens, le résultat total est : au 1er janvier : + trois centimes sur le prix du diesel, + deux sur celui du sans plomb banal, stabilité pour le bioéthanol, réputé plus vert – il y a un débat là-dessus passons. Et pour tout cela, il a fallu des centaines d'heures de débats qui ont suscité des centaines d'articles sur un sujet évidemment et éminemment sensible.

Et pourtant, cela n'a servi à rien ou presque.

Oui. Parce que le prix du pétrole a baissé de 40 % en un an et que cela a tué l'effet de la hausse des taxes qui devait faire évoluer les comportements, par exemple l'utilisation de la voiture. En deux ans, les prix du gazole et du sans-plomb ont dégringolé naturellement de trente centimes. C'est dire combien la piste des taxes est chaotique à moins d'être beaucoup plus brutale et combien celle des normes d'émission (malgré Volkswagen) reste praticable.

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