Une semaine très économique et sociale s’ouvre pour Emmanuel Macron. Le gouvernement débat des mesures qui pourraient être annoncées pour répondre aux Gilets Jaunes. L'évolution des prix de l'électricité est sur la table.

Cette semaine aurait dû être celle du long terme, avec deux chantiers qui concernent les décennies à venir : la présentation aujourd'hui de la loi sur les mobilités, avec des investissements dans les transports publics. Et demain, jour J sur l’énergie, avec les décisions attendues depuis des mois sur le nucléaire, les renouvelables etc. 

Mais comme souvent, le court terme chasse le long terme et l'attention sera braquée sur la réponse aux Gilets Jaunes. 

A l’Elysée, Matignon et Bercy, l’analyse varie sur le point où on en est sur leur mouvement. La contestation, c’est fini, disent les uns, pas besoin de mesures concrètes. La crise sociale et la critique sont très enracinées, disent d’autres, impossible de se contenter d'un Haut conseil pour le climat. 

Mais quoi qu’il en soit, une suppression des hausses de taxes sur les carburants semble exclue. Certains cadres d’En Marche suggèrent néanmoins une différence entre le gazole (on ne bouge pas) et l’essence (on assouplit ou on décale), mais c’est minoritaire. 

En revanche, il est certain est qu’il faudra trouver une solution moins automatique si le prix du baril de pétrole flambait un jour très fortement – c'est incroyable, rien n’a été prévu. 

Pour l’instant, c’est l’inverse, et le gouvernement compte beaucoup là-dessus : le prix du pétrole baisse et cela se voit et va se voir à la pompe, moins 10 centimes ces dernières semaines, peut-être encore une dizaine de centimes en moins à venir. Car vendredi le prix du baril a encore chuté de 6%, le ramenant à son plus bas depuis un an. Pourquoi ? Donald Trump fait pression sur les producteurs et Riyad fait profil bas après l’affaire Kahshoggi.  

Mais il y a d’autres réflexions. 

Manifestement, les mesures annoncées il y a dix jours (les aides à l’achat d’une voiture) n’ont pas fait baisser la fièvre. Du coup, une des pistes étudiées (une réunion a eu lieu vendredi) est de contenir voire d’alléger la facture d’électricité. Une révision de la formule d’indexation des prix de l’électricité est regardée pour éviter des hausses. Et certains voudraient même alléger les taxes. Notamment la CSPE qui a augmenté de 550% en dix ans et représente 100 euros par an et par ménage. 

Problème : cette taxe finance les énergies renouvelables, le solaire et l’éolien ainsi que les tarifs sociaux. Comme dit Sempé : rien n’est simple.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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