Le nombre de chômeurs a nettement diminué le mois dernier. Ca y est, la courbe est donc définitivement inversé ?

Ce mois-ci, le yo yo est allé dans le bon sens, positif, et c'est formidable. + 50.000 chômeurs en août, - 66.000 en septembre. Ce qui est important, bien sûr, est qu'au-delà du chiffre mensuel, la baisse a été franche depuis le début de l'année. Mais je crois qu’il faut arrêter avec cette histoire de courbe qui commence à tourner en rond. Ce n’est pas la courbe qui déterminera la candidature de François Hollande, pas plus qu’elle n’infléchira sa popularité. C’est de toute façon trop tard, l’amélioration arrive trop tard. Oui, il y a eu amélioration : les créations d’emplois dues à une meilleure conjoncture et aux mesures prises sur les charges des entreprises -le Pacte de responsabilité-, tout cela aide. Mais 1 – la conjoncture ralentit semble-t-il, le meilleur est sans doute derrière nous -hélas. 2 – Ce qui importe, ce n’est pas de savoir à quel moment la courbe s’inverse, c’est de savoir si il y a plus de chômeurs maintenant qu’en 2012. Et la réponse est oui : + 600.000 depuis la dernière élection présidentielle pour la catégorie principale de Pôle Emploi, + 500.000 depuis les législatives et les premières décisions de l’été 2012. Enfin troisième et dernier mais : le chômage a, à l’inverse, baissé franchement en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne ces dernières années. Tout le reste, la courbe, la pente, n’est que littérature et nous fait tourner en rond.

Je vous sens remonté.

Oui, le gouvernement, après les erreurs du début du quinquennat, mène une politique macro-économique qui va dans le sens des créations d’emplois. Mais sur le plan micro-économique, celui de la vie des entreprises, il a peu fait avancer les choses, qu’il s’agisse de la loi Macron ou de la loi El Khomri, sur les prud’hommes, les licenciements, la simplification etc. L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont fait depuis quinze ans un choix radical : dire oui aux mini-jobs. La France n’a pas fait ce choix, c’est parfaitement respectable. Mais alors il fallait mettre le paquet sur la formation, l’éducation de très haut niveau, l’aide à la mobilité des salariés. Nous avons choisi le beau jardin à la française, ne rien changer ou presque et nous avons 10 % de chômeurs. Ce qui est affligeant, c’est que l’on sait que plus aucune décision ne sera prise avant l’été prochain. Il ne reste plus qu’à prier pour que l'on se trompe et que le vent économique continue de souffler dans le bon sens. Et ne nous fasse pas tourner en rond.

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