Angela Merkel commence les discussions avec les Verts allemands sur le climat et elle est en position de faiblesse.

Oui, et c’est intéressant parce que le résultat de ces discussions va dessiner la coalition qui sera portée au pouvoir et parce que, aussi, l’Allemagne fait figure d’un pays qui fait des efforts considérables pur lutter contre le réchauffement climatique. En réalité, notre grand voisin est sorti -sort- du nucléaire (c’était la principale décision de Merkel) mais elle est loin d’être sortie du charbon, il y a encore des dizaines de centrales très polluantes. Du coup, les Verts veulent la fin du charbon et du lignite, qui représentent aujourd’hui 40% de la production électrique. Certes, la part des éoliennes et du solaire progresse, mais pour l’instant l’Allemagne rate ses objectifs climatiques. Les émissions de CO2 devaient diminuer de 40% entre 1990 et 2020, ce sera environ 32%. Et encore une petite astuce explique que la comparaison avec 1990 est trompeuse : à cette époque, il y avait encore beaucoup d’usines de l’ex-Allemagne de l’Est, qui polluaient énormément, mais qui ont été fermées très vite. Pour la période récente, une croissance plus élevée et des exportations d’électricité record expliquent pourquoi les émissions de CO2 n’ont -écoutez bien- plus baissé depuis 2011. Ce qui pose un problème quand même. Alors que faire ? ce sera au cœur des négociations qui démarrent aujourd’hui avec les Verts.

Où en est la comparaison avec la France ?

Mauvaise nouvelle : Les émissions de CO2 y ont aussi légèrement remonté l’année dernière, en raison de l’arrêt prolongé de plusieurs centrales nucléaires l’hiver dernier, compensé par des centrales au gaz. Donc, deux mauvais élèves, un partout, balle au centre ? Pas exactement. Parce qu’il faut regarder le niveau des émissions. Quand l’Allemagne émet l’équivalent de 902 millions de tonnes de CO2 en un an, la France se situe aux alentours de … 475 millions. Evidemment, c’est le rôle joué par le nucléaire qui explique cela. Un nucléaire contesté, contestable parce qu’il devient très cher par rapport à d’autres énergies et parce qu’il présente des risques, mais un nucléaire qui permet d’être un pays qui contribue pas loin de deux fois moins au réchauffement climatique que l’Allemagne.

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