Les ministres des Finances du G20 se sont réunis ce week-end à Washington pour chercher une solution à la crise. Y sont-ils parvenus ?

Non, ils n’y sont pas parvenus, sinon cela aurait fait plus de bruit – pas autant que le basculement à gauche du Sénat, mais quand même ! Ils n’y sont pas parvenus, mais cette réunion a montré que tous les pays ont conscience du feu en train de s’allumer. Il y a trois allumettes dont la conjonction est dangereuse : la menace de récession économique si le soufflé de la reprise se dégonfle effectivement, la crise des dettes des Etats et la fragilité de certains banques. Ça phosphore (si je puis dire) dans tous les sens et un plan est en préparation, qui serait prêt au sommet du G20 à Cannes en novembre. Banques centrales, Europe, pays émergents, tout le monde sortirait son seau d’eau pour refroidir les marchés. Le problème est qu’il est peu probable que l’on puisse attendre jusque là. Et donc, outre les noms d’oiseau dont la Grèce (je peux vous le dire) est affublée dans la plupart des capitales, un plan B est en préparation.

Lequel ?

La discrétion est de mise. Mais le défaut partiel de la Grèce est dans les têtes, il s’agit de faire un trait sur une partie de ses dettes. Selon la presse grecque, le ministre des finances d’Athènes parlerait de 50% - ce qui est beaucoup. Il ne s’agirait plus de prêter de l’argent, d’étaler les versements, mais d’effacer, la Grèce restant dans l’euro. Dans ce cas, en attendant que le Fonds monétaire européen ne voie ses munitions augmenter, la Banque centrale européenne prendrait des décisions d’urgence pour installer un pare-feu (un firewall) autour des pays en difficulté, comme l’Italie et l’Espagne, et soutenir l’activité. Tout cela ne pourrait être annoncé qu’après jeudi, jour du vote par le Parlement allemand du plan précédent, celui-ci du 21 juillet. Les experts y travaillent, ce sont plus que des rumeurs de marché.

Et du côté de la France ?

On croise les doigts et « on serre les fesses », si vous me pardonnez cette expression… Un cauchemar hante l’Elysée (parmi d’autres en ce moment) : que la France glisse, dans l’esprit des marchés, du camp des pays du Nord, sûrs, vers celui des pays du Sud. Le budget 2012 présenté mercredi vise à cela, préserver le sésame politique et financier du Triple A. Recapitaliser la BNP, la Société Générale et le Crédit Agricole ferait perdre ce triple A et le gouvernement ne veut pas céder à la pression des marchés – je peux vous dire que François Fillon est très remonté. Mais voilà, rien ne peut être écarté. Le gouvernement ne cache donc pas que le mécanisme de prêt aux banques de 2008 pourrait être réactivé. Mais après d’autres pistes, comme la suppression des dividendes aux actionnaires pour renforcer les fonds propres. Avec un clin d’œil, disons pour conclure que le problème de cette crise est que, pour Nicolas Sarkozy et les autres, ce train de sénateur ne brille pas jusqu’à maintenant par son efficacité.

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