Le budget 2018 sera présenté demain, et le déficit de l’Etat va augmenter !

On va citer un chiffre qui n’intéresse malheureusement personne et dont vous n’entendrez plus parler ensuite – j’en prends le pari ! Il s’agit du déficit de l’Etat, la différence entre ses recettes (nos impôts) et ses dépenses (la sécurité, l’éducation, la redistribution sociale etc.), exprimée en milliards d’euros. Ce sera 83 milliards, qu’il faudra emprunter et qui gonfleront, comme chaque année, la dette publique. Ce chiffre-là est absent du débat public parce tout le monde a pris l’habitude 1 -de regarder le solde de l’ensemble des administrations publiques y compris la sécurité sociale et les collectivités locales, et 2- de l’exprimer en pourcentage de l’activité économique, 2,6% du PIB l’an prochain. C’est François Mitterrand qui avait inventé ce procédé dans les années 80 pour dédramatiser la chose au moment où le déficit passait la barre psychologique des 100 milliards de … francs. Malin, très malin ! La France a convaincu l’Europe de garder ce thermomètre commode et anesthésiant. Cela a marché parce qu’un argument a du vrai. Le ratio en pourcentage a plus de sens économique que des milliards : il exprime le sens d’une politique (la relance ou la rigueur), il évolue avec l’activité et les comptes sont très enchevêtrés entre les acteurs publics.

C’est la raison pour laquelle le déficit budgétaire augmentera ?

Oui mais il y a aussi les mauvaises surprises de la fin du quinquennat Hollande, les baisses d’impôts de Macron et un bout du plan d’investissement d'hier. Résumons. L’an prochain, le déficit public dans son ensemble va nettement diminuer, c’est ce que l’on entendra demain, et c’est logique quand la conjoncture est correcte. Mais en creusant, on découvre que celui du seul Etat central va grimper de 14 milliards par rapport à la fin 2016. C’est médiocre et veut dire que l’effort portera sur la sécurité sociale et les collectivités locales … CQFD. En réalité, avoir un déficit, pour un Etat n’est pas mauvais en soi, mais cela dure depuis 1979 avec toutes les excuses du monde sans que tout aille (peut-on penser) dans le meilleur des mondes. 83 milliards de déficit pour l’Etat, c’est la valeur de 2.000 rames de TGV qui seront empruntés aux marchés financiers internationaux, comme chaque année, en priant pour que les taux d’intérêt restent bas. Maintenant, ce chiffre, vous pouvez l’oublier.

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