Retour sur les propos tenus hier par Laurent Fabius au sujet du climat. L’ancien patron de la COP21 de Paris a insisté à deux reprises sur le rôle du charbon dans le réchauffement climatique. Les centrales à charbon sont à l’origine de 40 % environ des émissions de dioxyde de carbone dans le monde.

Mine de charbon en Chine
Mine de charbon en Chine © Getty / Jie Zhao

C’est intéressant parce que comme la France est peu concernée par le sujet, on n’a pas forcément en tête quelques grandes données. Curieusement, quand on cherche, il n’y a pas de données officielles sur le nombre de centrales, notamment de l’Agence Internationale de l’énergie. Peut-être, sait-on jamais, pour des raisons diplomatiques. 

Mais, selon des sites spécialisés et crédibles, il y a environ 7 600 sites ou tranches en fonctionnement ou en projet. Les trois quarts sont en Asie. 0,2% sont en France, avec quatre centrales en métropole, auxquelles il faut en ajouter outre-mer qui alternent la bagasse tirée de la canne à sucre, et du charbon. 

Où en est-on ? 

Il y a dix ans, la Chine ouvrait une à deux centrales par semaine, mais sa production est désormais stable, son pic devrait être atteint assez vite, et des dizaines de pays promettent de tout arrêter. Dans tous les cas, il s’agit de produire de l’électricité pour les usines mais d’abord pour la vie courante. La France, au sein du G20 - les 20 premières économies de la planète - est le pays qui produit le moins de charbon, avec l’Arabie saoudite gorgée de pétrole et l’Argentine. 

Donc, bravo la France ?! 

L’absence de charbon s’explique évidemment par le nucléaire, dont la France est championne et qui n’émet pas de CO2. De ce point de vue (pas celui des déchets), tant mieux. Mais évidemment aussi, cet avantage relatif sur les énergies primaires a conduit à ne pas faire beaucoup d’efforts sur d’autres sources d’émissions, les transports individuels et professionnels, et le chauffage au gaz et au fioul. La désindustrialisation de notre pays explique en partie le relatif bon bilan carbone (relativement à d’autres). Mais attention aux ordres de grandeur. Si la France n’importait plus rien de Chine, avec donc moins de bateaux (en fait, il y a beaucoup de commerce par train), cela représenterait 3% de notre consommation seulement. 

Bref, même si le combat urgent contre le réchauffement se joue bien sûr ici, c’est surtout par le leadership que peut avoir l’Europe dans le monde que la France peut peser. Le charbon : 40% des émissions de CO2 ; la France 0,2% du charbon mondial.

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