Le chômage a touché 11.000 salariés de plus en juillet. C'est une hausse finalement limitée... C'est moins pire qu'au début de l'année, quand le nombre de demandeurs d'emploi augmentait chaque mois de 80.000. Pour l'instant, l'explosion du chômage tant redoutée ne se produit pas. Sur trois mois, on est à +28.000. On pourrait presque parler d'un relatif soulagement. Je vous épargne l'analyse par catégorie A, B, C, D, E. La lecture des chiffres du chômage depuis les changements de définitions relèvent pratiquement du Rubik's cube, ce cube avec des facettes de toutes les couleurs qu'on arrivait jamais à mettre en ordre. Mais juste trois tendances à souligner. Primo, ce qu'on voit grimper, c'est clairement le chômage industriel. Il touche les hommes - +28% en un an contre +12% pour les femmes, un écart impressionnant. Et puis les régions industrielles – la Lorraine, la Normandie, la France-Comté, Rhône-Alpes. Secundo, les licenciements économiques montent - +60% en un an. Tertio, les débuts de stage de formation font sortir des gens de Pôle emploi – et ça veut dire que l'effort de requalification des salariés éjectés commence à porter ses fruits. Peut-on parler d'embellie de l'emploi? C'est hélas bien trop tôt. Alors c'est vrai qu'on aimerait bien y croire. Il y a plein de signes économiques encourageants. La croissance est repartie au printemps, les ventes de voitures et d'essence tiennent bien, il y a des indices favorables sur le logement neuf, les banques recommencent à trouver un peu d'air sur les marchés financiers, et puis la saison estivale s'est bien passée dans les régions touristiques en France - j'ai ici une pensée pour mon ami Jean-Emile, qui n'a pas réussi à trouver un gite rural en Bretagne à la dernière minute, contrairement aux années précédentes, tellement il y avait de demande. Et pourtant je vous sens sceptique... Eh oui, vous commencez à bien me connaître, Eric. Je rappelle que l'économie est elle aussi à la plage. Elle a descendu une falaise. Et si elle ne dégringole plus, son niveau d'activité est bien plus bas qu'il y a un an. Des réductions d'effectifs sont donc inévitables dans les prochains mois pour mette en ligne la capacité de produire et la volonté d'acheter, l'offre et la demande. Il y a d'ailleurs un signe qui ne trompe pas: c'est l'extrême prudence du gouvernement sur le chômage et la croissance. Aucun triomphalisme – j'aurais tendance à y voir un signe de maturité. Il n'y a que deux ou trois simplets à l'UMP pour oser expliquer que c'est grâce au gouvernement que ça va moins mal. Et justement, qu'est-ce que vous pensez de l'action du gouvernement en matière d'emploi? Eh bien écoutez, c'est pas mal du tout. D'abord, il a assoupli les règles du chômage partiel. Ensuite, il a relancé les contrats aidés pour les jeunes, et puis aussi des dispositifs de formation et de reclassement. Il a aussi exonéré les très petites entreprises des charges sociales patronales pour les nouvelles embauches. C'est très technique mais c'est efficace et d'ailleurs le secrétaire d'Etat à l'emploi Laurent Wauqiuez annonce aujourd'hui dans Les Echos son intention de poursuivre l'expérience en 2010. En même temps, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont résisté à la facilité de créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires qu'il faut ensuite payer pendant 60 ans. Le gouvernement pourrait sans doute aller plus fort, plus loin. Mais pour ça, on n'entend pas beaucoup de propositions sérieuses, à droite comme à gauche.

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