Le mois d’août tire à sa fin… c’est le moment de faire le bilan de la saison touristique. Bel été, ou été pourri ? Eh bien plutôt bel été, en tout cas un été bien meilleur que l’an dernier. Et c’est important, puisque le tourisme est la première activité du pays, bien avant l’automobile ou l’aéronautique, c’est le plus gros excédent de nos échanges extérieurs, ça fait un million d’emplois et la France reste le pays qui accueille le plus grand nombre de touristes étrangers au monde. Globalement, la fréquentation aurait augmenté de 10% et donc on efface l’année 2009, qui avait été presque aussi terrible dans les hôtels que dans les usines. L’Auvergne est heureuse, la Corse n’aurait jamais vu autant de visiteurs – ce dont je ne m’étais par chance pas rendu compte en juillet -, le Vaucluse a fait le plein de festivaliers, et on parle de bon cru dans les Pyrénées. Au-delà, il y a deux points forts : les Français sont radins, et les étrangers sont revenus. Du côté des Français, c’est la course aux petites économies. Crise oblige, nous avons pris des vacances souvent plus courtes, décidées à la dernière minute, en serrant les dépenses. Ca pose un problème aux hôteliers ou aux clubs de vacances qui avaient pris l’habitude de gagner de l’argent sur nos petits extras. Et puis certains tour-opérateurs ont dû se résoudre à casser leurs prix pour sauver leur saison. Ca a marché, mais ils font beaucoup moins de marges. Et du côté des étrangers ? Eh bien là aussi, les comportements reflètent l’économie. D’abord, les Anglais reviennent, notamment sur la façade ouest du pays. Merci la hausse de la livre sterling. Les Américains sont de retour pour la même raison monétaire, notamment à Paris et sur la Côte d’Azur. Les Allemands sont aussi, si j’ose dire, revenus en force. Seuls les Moyen- Orientaux ont un peu manqué dans les palaces en août, pour cause de ramadan. Et puis il y a une nationalité de touristes en plein boom, devinez laquelle : oui, vous avez gagné, les Chinois ! A Paris, ils vont bientôt constituer le deuxième contingent de visiteurs derrière les Américains, exactement comme au classement mondial du PIB. Et là, il n’y a pas de risque de délocalisation. Ils veulent voir la tour Eiffel et les grands magasins. C'est une clientèle bichonnée. Au Printemps Haussmann, il y a 30 vendeurs qui parlent mandarin ou cantonnais. Au Marriott rive gauche, les chambres ont été repeintes en rouge. Et c’est bingo ! Rien de surprenant à ça: la croissance est aujourd’hui dans les pays émergents, les touristes en France seront demain indiens, brésiliens... ou vietnamiens. Une fois n’est pas coutume, vous vouliez faire un post-scriptum sur un autre sujet. Oui, je vous avais beaucoup causé du coup de rabot à venir sur les niches fiscales et pour mon dernier édito de l’été je préférais vous parler vacances. Mais tout de même, la décision venue hier de l’Elysée est hautement symbolique. La première niche qui devait être laminée restera finalement en place. Les familles où il y a un étudiant pourront continuer à cumuler la demi-part qui allège l’impôt sur le revenu et l’aide au logement pour l’étudiant. On souhaite bonne chance aux raboteurs des autres niches, ces niches où il y a toujours, selon le mot du sénateur Philippe Marini, un chien prêt à aboyer. C’était le dernier édito éco de Jean-Marc Vittori, du journal « Les Echos », merci Jean-Marc ! Et je rappelle rapidement que vous avez publié deux ouvrages cette année : « L’effet sablier » qui explique la disparition des classes moyennes (aux Editions Flammarion) et « Leçon d’une Crise » (aux Editions Eyrolles) avec Dominique Seux qui reprend sont édito éco lundi prochain !

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