La nouveauté du gouvernement, c’est l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Economie à la place d’Arnaud Montebourg. Macron, c’est le cerveau droit de François Hollande ?

C’est une formule qu’on entendait quand il était secrétaire général adjoint de l’Elysée chargé de l’économie, Aquillinno Morelle en était le cerveau gauche. En réalité, c’est caricatural. Bien sûr, Emmanuel Macron est l’anti-Montebourg et son arrivée à Bercy à côté de Michel Sapin redonne une cohérence dans la ligne sociale-libérale de François Hollande. Il est partisan de la politique de l’offre, des réformes, proche de Jean-Pierre Jouyet et de Jacques Attali. Mais c’est une forme de racisme qui ne dit pas son nom que de sous-entendre que quelqu’un qui a travaillé dans la banque ne peut pas être de gauche. Macron est de gauche et s’il a travaillé chez Rotschild, Henri Emmanuelli aussi – qui n’est pas le plus libéral qui soit.

Le grand public ne le connaît pas encore, vous si. Quelles sont ses convictions ?

Bon, vous vous doutez que les confidences à un journaliste sont calibrées au millimètre. Ce qui est sûr, c’est qu’il est convaincu du sérieux de la situation économique mais encore plus que la gauche n’a pas réfléchi sur le modèle social qu’elle veut pour le XXIème siècle. A l’Elysée, il a travaillé sur toutes les hausses d’impôt mais s’il y en a une qu’il considère comme une faute, c’est la retaxation des heures supplémentaires.

Qu’a-t-il à son programme ?

L’Elysée souhaite qu’il fasse la loi sur la croissance et la concurrence dont parlait Arnaud Montebourg – et donc ce n’est pas fini pour les professions réglementées ! Je peux vous dire également que l’Elysée réfléchit à une entrée en vigueur plus rapide que prévu de certains allégements de cotisations sociales ou d’impôts prévus pour les entreprises à partir de 2015 ou 2016 pour l’instant. Mais là, il faudra qu’Emmanuel Macron se mettre d’accord avec Michel Sapin, le ministre des Comptes parce que cela coûte.

Justement, comment le tandem de Bercy va-t-il fonctionner ?

Sur la ligne, aucun problème peut-on penser. Pour le reste, Michel Sapin est un ministre rompu à la politique, ce que Macron n’est pas du tout. Le passage de l’ombre à la lumière est forcément difficile, le risque est de se brûler. Mais je ne ferai pas davantage de pronostics sur la solidité du couple parce je m’étais bien « planté » sur le couple Sapin-Montebourg, que je voyais durer. Comme un peu d’autocritique ne fait pas de mal, l’assistante de la Matinale, Marion Le Lay, a ressorti ce que j’anticipais à ce micro le 3 avril dernier. Ecoutez :

extraits chronique du 3 avril. Comme on dit, pan sur le bec !

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