Vous commentez les chiffres du chômage de juillet publiés hier soir.

1.900 demandeurs d’emploi en moins dans la catégorie A, c’est-à-dire ne travaillant pas du tout. C’est la première baisse depuis janvier : il y a un frémissement positif. Tant mieux ! Mais en réalité, le chômage a atteint un tel niveau, les progrès sont si microscopiques qu’on ne peut plus se contenter de ce qui fait l’ordinaire des gouvernements depuis tant d’années. Chiffre vertigineux : il y a plus de six millions d’inscrits à Pôle Emploi en métropole, un actif sur cinq. Ca, c’est tout compris : ce sont les personnes qui ne travaillent pas comme elles le voudraient. Soit elles n’ont pas d’emploi du tout, soit elles en ont un mais voudraient travailler plus. La France est dans une situation extraordinaire par rapport aux autres grands pays. Comme si nous avions une préférence pour le chômage. Cette situation aberrante pousse à faire une proposition loufoque. Il n’y a plus de ministre du Travail : François Rebsamen a démissionné. Donc le ministère est presque inoccupé. Imaginons d’y réunir François Hollande, les principaux syndicats, le patronat, les candidats de la droite, avec interdiction de sortir tant qu’ils n’ont pas imaginé des solutions nouvelles. Et fin de carrière pour tous si cela ne marche pas. C’est idiot. Mais pas tant que cela : Merkel, en 2009, a enfermé patronat et syndicats jusqu’à ce qu’ils concluent un grand accord sur le temps partiel. Et le chômage a peu augmenté.

Vous ne croyez pas au miracle quand même ?!

A-t-on le choix ? Quelles ont été les derniers grands projets contre le chômage ? A gauche, 1997, les 35 heures – pas un succès. A droite, 2006, le contrat première embauche CPE de Villepin pour les jeunes – mort-né. En dehors de ça, du rafistolage, de l’empilement des aides, des politiques de relance, des allégements de cotisation et des débats sans fin sur le contrat du travail. Pendant ce temps, nos voisins ont agi – tout n’est pas parfait, mais ils ont des résultats. Osons un parallèle : depuis 2000, la droite et la gauche se sont mis d’accord pour lutter contre la mortalité routière, de façon audacieuse, dure, et souvent impopulaire. Ça a marché. Qui dira que le chômage ne mérite pas le même traitement ?

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.