Au G7, des entreprises ont pris des engagements sur le climat, notamment pour le transport maritime. La lutte contre le réchauffement ne se fera pas sans elles mais leur action ne se fera pas sans la pression de la société civile et politique.

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Porte-conteneur © Getty / Art Wager

A Biarritz, les industriels de la mode et du textile, sous la houlette de François-Henri Pinault, se sont engagés à limiter les déchets et les émissions de CO2 dans leurs procédés industriels. Tandis que des armateurs ont promis de réduire la vitesse de leurs porte-containers pour réduire les polluants. 

Peut-on les croire ? 

Dans l’opinion, il y a forcément un moment de doute, pour deux raisons. Les années 90 et 2000 ont été très marquées par des campagnes de greenwashing (de ripolinage vert) et c'est vrai qu'il y avait vraiment à boire et à manger. Ensuite, les tricheries du secteur automobile sur les émissions de CO2 - et pas seulement en Allemagne - ont rompu lourdement la confiance. Et pourtant, les entreprises ont un rôle forcément essentiel dans la lutte contre le réchauffement. La nouveauté est que, sans avoir une vision naïve et bisounours des choses, on voit qu’aujourd'hui qu'elles aussi prennent conscience de l’urgence. 

Nous sommes tous excédés de voir les poids lourds et les camions de livraison (et pas seulement les frigorifiques) qui laissent tourner leur moteur à l’arrêt dans les villes avec un gros nuage de gasoil et on peut se dire que rien ne change vraiment - ça c’est un message personnel d’un parisien qui circule en scooter. 

Mais il existe des initiatives précises

Quand Rodolphe Saadé, patron de la 3ème compagnie de transport maritime du monde, CMA-CGM, décide de ne pas emprunter la nouvelle voie du Nord ouverte par la fonte des glaciers dans l’Arctique alors qu’elle réduirait de 40% le trajet Asie-Europe, c’est concret. Et coûteux : le Chinois Cosco et le Danois Maersk y vont. Cet engagement suscite déjà un débat

Ce sont, si j’ose, des gouttes d’eau, non ?  

Ecoutez, oui et non. Si 20% à 30% des acteurs d’un secteur d’activité changent, cela entraîne l’ensemble. On verra ce qui se passe sur la vitesse des bateaux – on peut être dubitatif et croire davantage au passage du fioul au GNL (voir le texte de Bertrand Piccard). Mais ce qui est sûr, c'est que les entreprises crédibles sont celles qui acceptent de travailler sus la pression, avec des ONG qui mesurent les résultats. 

Ce qui veut dire que ces ONG considèrent que les entreprises et l’économie de marché ne sont pas le Diable et l’abomination. Quand Axa établit des référentiels avec WWF sur la finance verte, on se dit que c’est sérieux. Cela fait moins de bruit que les communiqués enflammés et éternellement négatifs d’autres associations et acteurs politiques, mais cela fait plus, je crois, avancer le schmilblick.

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