La croissance a connu un petit coup de mou depuis le début de l’année.

L’Insee a publié il y a pile un quart d’heure sa première estimation pour l’activité économique au premier trimestre. Ses experts espéraient +0,4 %, le résultat -pour la période janvier-mars- a finalement été : + 0,3 %. C’est donc un peu en dessous de la prévision, une déception, surtout après cinq trimestres qui tournaient entre +0,5 ou +0,7 %. 

Qu’en conclure  ? Rien de grave, ce n’est pas encore un trou d’air, mais cela veut dire que la croissance, sans disparaître, marque le pas, ralentit. Cette réalité est cohérente avec la multitude d’enquêtes de conjoncture sorties ces dernières semaines qui montrent, dans le moral des entreprises, dans leurs carnets de commandes, un petit coup de mou, peut-être parce que les prix de pétrole et certains taux d’intérêt remontent. 

Ce sont des petits signaux de fragilité qu’il faut espérer temporaires. On comprend aussi pourquoi la baisse du chômage a un peu déçu mercredi, -33.000 pas de quoi grimper aux rideaux. 

Bref, la croissance est toujours là mais il est probable qu’elle est inférieure à celle de nos voisins et qu’il faut la surveiller comme le lait sur le feu, et ce feu il faut l’alimenter.

L’alimenter, mais par quoi ?

Les incertitudes et les inquiétudes sur la politique fiscale, la hausse de la CSG des retraités dans un sens, la petite baisse des cotisations sociales pour les actifs dans l’autre, ces inquiétudes ont pesé sur le pouvoir d'achat des ménages et la consommation n'a pas accéléré. 

A partir de là, le gouvernement dira qu’il est urgent de continuer et d’approfondir ses réformes, les oppositions diront qu’elles ne produisent pas les effets magiques escomptés – de toute façon l’infusion est lente. 

En revanche, il est certain que l’activité économique du deuxième trimestre, commencé le 1er avril, sera marquée par les mouvements de grève des transports. 

- A la SNCF, on parle beaucoup des voyageurs, on peut évoquer les marchandises. Des dizaines de milliers de tonnes de céréales sont actuellement bloquées, comme des millions de tonnes de granulats qui ne sont pas livrés sur les chantiers de BTP. Question : Après le vote de la réforme par 78 % des députés, ces blocages vont-ils durer encore des semaines ou des mois ? 

- Quant au mouvement stupéfiant des pilotes d’Air France -qui ont annoncé 4 jours de grève d’ici le 8 mai -, une sorte de grève du patronat, il a déjà fait perdre 300 millions d’euros à Air France, compagnie qui perd des clients définitivement en ce moment au profit d’autres. 

Vous demandez comment alimenter le feu : ce n’est ni en soufflant les braises ni en pratiquant la politique de la terre brûlée.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.