Le risque d'une deuxième vague épidémique est tel que tous les instruments doivent être utilisés pour éviter un deuxième grand confinement. L'Allemagne a lâché la France en ralliant Apple et Google.

Oui à l'application Tracing (contrôlée)
Oui à l'application Tracing (contrôlée) © AFP / IDRISS BIGOU-GILLES / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

L’expression « semaine décisive » est un poncif journalistique, mais c’est vraiment le cas ici : c'est maintenant que l'avenir du projet d'application sur smartphones StopCovid se joue. La mise en place d’un dispositif permettant de savoir si nous avons croisé quelqu’un testé positif au virus fait l’objet de débats sanitaires, politiques et techniques. Demain, Edouard Philippe parlera de ce projet StopCovid et les députés en discuteront. 

Où en est-on ? 

- Il y a les « pour ». Le conseil scientifique y voit un instrument très utile contre une seconde vague de l’épidémie, c’est écrit noir sur blanc dans son avis publié samedi soir. Un secrétaire d’Etat, Cédric O, et des agences de l’Etat travaillent d’arrache-pied avec des industriels : Cap Gemini, Orange, Dassault Systèmes, une dizaine de start-ups. 

- En face, les opposants s’inquiètent pour nos libertés mises sous surveillance, et il y a des bras de fer entre le gouvernement français, Google et Apple – avec d’ailleurs une mauvaise surprise au passage pour Paris : hier, Berlin a accepté sans prévenir personne de travailler avec ces géants américains. C'est peut-être pourtant la seule piste si on veut être efficace.

Donc, voilà où on est. 

Mais que peut-on en dire ? C’est une question d’arbitrage

Le risque d’une deuxième vague de l’épidémie est réel, tout ce qui peut en limiter le risque est bon à prendre si on veut éviter un 2ème vrai confinement comme on vient d’en connaître un. Désormais on sait tous qu’il y a beaucoup de vies en cause. 

Autre question :  est-ce qu’une application de ce type perd de son utilité si elle fonctionne sur la base du volontariat et si seulement, par exemple, 20% des Français l’acceptent ? On entend beaucoup que non : cela ne vaut pas la peine. Drôle de débat en vérité. Si 20% seulement des Parisiens et des Strasbourgeois la téléchargent, cela aidera tous ceux qui vont sinon devoir retracer tous les contacts d’un malade à la main pour éviter la contagion.

Mais faut-il des conditions ?

Oui. La CNIL, Commission nationale informatique des Libertés, dit OK à l’appli, avec prudence, et demande à être ressaisie régulièrement. C’est nécessaire. Le dispositif devra être d’une durée limitée et très contrôlé. C’est indispensable. Les pouvoirs publics auront aussi à faire la promotion de cet outil pour qu’il réussisse. 

Mais au total, les pays démocratiques ont là l’occasion de prouver que les technologies peuvent être utiles, sans tomber ni dans la dictature de l’Etat chinois, ni dans l’intrusion commerciale des géants américains du numérique. Ce serait à pleurer si on n’y arrive pas.

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