Par Etienne Lefebvre.

Plusieurs grandes entreprises ont annoncé des bonus exceptionnels après le vote de la réforme fiscale de Donald Trump. Est-ce vraiment Noël pour les salariés américains ?  

Selon Trump oui, mais la réalité risque d’être assez différente. Bien sûr, certains salariés vont y gagner, et il ne faut pas sous-estimer les annonces récentes en forme de cadeau de Noël : AT&T et Com Cast, des géants des télécoms, ainsi que Bank of America ont promis 1.000 dollars de bonus à des centaines de milliers de salariés. Plusieurs banques comme Wells Fargo vont relever à 15 dollars de l’heure le salaire minimum. Autre exemple : l’avionneur Boeing qui va investir massivement pour améliorer les conditions de travail. C’est tout bénéfice pour Donald Trump. Ses conseillers assurent qu’avec les seules mesures en faveur des entreprises, les travailleurs américains pourraient recevoir 4.000 dollars en moyenne.   

Mais vous êtes sceptique…  

Oui, parce qu’en réalité, selon tous les analystes, la manne fiscale sera majoritairement consacrée à des rachats d’actions et à l’augmentation des dividendes. Les sénateurs démocrates avancent déjà le chiffre de 90 milliards de dollars de rachats d’actions supplémentaires. C’est ce qui s’était produit en 2004, quand George Bush avait fait revenir 300 milliards de dollars de profits amassés par les entreprises à l’étranger. En annonçant des primes avec fracas, certains patrons cherchent surtout à se faire bien voir de la Maison-Blanche, je pense à AT&T dont le projet de fusion avec Time Warner déplaît à Trump. Wells Fargo tente quant à elle de faire oublier un gigantesque scandale de fraude. Mais au final, le partage des profits ne devrait pas être modifié, bien au contraire.   

Et en France ? Peut-on imaginer que des entreprises annoncent des primes grâce aux baisses d’impôt d’Emmanuel Macron ?  

C’est peu probable, d’abord parce que ce n’est pas dans la culture des chefs d’entreprises français, qui préfèrent éviter tout lien avec la politique. Ensuite, on n’est pas dans les mêmes ordres de grandeur. Aux Etats-Unis, l’impôt sur les sociétés va passer brusquement de 38% à 21%. En France, ce sera de 33% à 25% d’ici à 2022, par petits palier. Emmanuel Macron est en revanche attendu sur la réforme de l’épargne salariale. Il s’agit de faire en sorte que les salariés soient davantage intéressés aux bénéfices des entreprises. Et ça pourrait passer, là encore, par une réforme fiscale. Rendez-vous au printemps, pour les arbitrages.

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