L'impact macroéconomique du Coronavirus est impossible à connaître. Mais les conséquences microéconomiques dans la vie des entreprises sont déjà réelles.

Un homme portant un masque de protection à Paris
Un homme portant un masque de protection à Paris © AFP / Jerome Gilles / NurPhoto

Quelles sont les conséquences du coronavirus en France ? C’est naturellement difficile parce que tout dépendra de l’intensité du risque, de la durée de l’épidémie et de la psychose (ou pas) dans le pays. Pour l’instant, Bruno Le Maire (ministre de l’économie) a parlé de 0,1 point de croissance en moins.

Disons-le tout de go : 0,1 %, cela ressemble à l’estimation que l’on sort automatiquement dès qu’il se passe quelque chose : des grèves, un accident industriel important ou un événement international ! En réalité pourtant, cette fois, le raisonnement s’appuie sur les modèles du FMI : un point de croissance en moins en Chine devient 0,2% de croissance mondiale en moins et 0,1% en France

Mais attention ces calculs, c’était le week-end dernier, c’était l’impact indirect de la Chine, c’était avant que la France soit touchée. Du coup, aujourd’hui, au sommet de l'État, en off (comme on dit), on glisse des chiffres plus alarmants : 0,3 à 0,4% de croissance en moins

Bon bref, cela dit, on peut touiller tout cela comme on veut, en fait on n’en sait rien. Surtout que la Chine a l'air de redémarrer ce matin.

En revanche, ce que l’on voit, c’est ceci et c’est concret. 

- Beaucoup d'entreprises invitent ou autorisent un nombre important de salariés à rester chez eux quand ils reviennent de l’étranger, des parents doivent garder leurs enfants à la maison. Le télétravail va encore se banaliser. 

- Ce matin, je peux aussi vous dire qu’un groupe du CAC 40, L'Oréal, a interdit à tous ses collaborateurs du monde entier tout voyage international jusqu’à fin mars. Il y en a peut-être déjà d’autres, il y en aura d’autres. 

- Le tourisme en France est évidemment touché. Air France aussi. Mais évidemment aussi, on en est pas du tout au cas chinois, où les ventes de voitures ont baissé de 92% sur la première quinzaine de février – rappelons qu’en France il y actuellement et seulement dix-huit cas recensés. 

Donc, on verra, c’est cela ?! 

Oui, c’est cela !! Sauf qu’il y a quand même un enjeu économique réel, notamment pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Pour l’instant, depuis 2017, la croissance a été modeste, mais réelle, le pouvoir d’achat augmente et le chômage baisse. Si l’économie cale sur le virus, cet élément de bilan peut s’effacer : la frontière est ténue entre hausse et baisse de l’emploi par exemple. 

Naturellement, ces questions économiques apparaîtront peut-être sans intérêt si la crise sanitaire prenait de l’ampleur, mais on ne peut en faire tout à fait l’économie.

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