Patronat et syndicats se retrouvent aujourd’hui pour négocier sur les retraites complémentaires. Cette négociation est difficile et délicate, mais après l’échec sur l’assurance chômage, ils ont vraiment intérêt à trouver un accord. Là aussi, tout le monde les regarde puisque ces régimes, l’Arrco pour l’ensemble des salariés, l’Agirc pour les cadres, assurent un tiers de la retraite des non cadres, plus de la moitié de celles des cadres. Quel est l’enjeu ? Il est simple. Il s’agit de revoir l’accord de 2003 dans un contexte financier qui, comme pour le régime de base, se dégrade parce qu’il y a moins d’actifs et plus d’inactifs. Un seul chiffre : le nombre de pensionnés de l’Arrco pourrait augmenter de 4 millions d’ici 2015. Pour l’instant, ces régimes complémentaires sont encore à l’équilibre, mais cela ne durera pas. Et il n’y a pas trente-six solutions, il y en a trois. Soit on augmente les cotisations, soit on décale l’âge de l’ouverture des droits, soit on baisse le niveau des prestations. Un triangle connu et infernal. Quelles sont les pistes ? Il y a les officielles et les officieuses. Les syndicats veulent une hausse des cotisations et refusent une baisse des pensions qui ont déjà diminué d’un tiers depuis 1990. Le Medef, lui, ne veut pas entendre parler de prélèvements supplémentaires. Il réclame toujours un report de l’âge de la retraite avec la remise en cause du dispositif qui, depuis 1982, permet de toucher sa pension dès 60 ans et non pas à 65 ans. Sinon, le camp patronal ne voit pas d’autres solutions qu’une nouvelle baisse des pensions. Mais, en réalité, dans les coulisses, chacun est conscient que ce n’est pas le moment d’agiter des chiffons rouges, de créer du stress en plus. Les partenaires sociaux vont donc chercher des économies, on parle des majorations familiales, voire même ne faire qu’un accord provisoire en attendant le prochain rendez-vous sur les retraites. Un échec n'est pas impossible. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir le contraste entre ce qui se passe dans le régime général, où c’est le drame à chaque fois, et le fonctionnement des régimes paritaires. Il faut dire que ceux-ci ont une spécificité : c’est bien un système par répartition, pas de capitalisation, les salariés paient pour les retraités d’aujourd’hui ; mais c’est un système par point, ce qui veut dire que vos cotisations vous donnent des points et que votre retraite sera calculée en multipliant le nombre de points par la valeur du point. Cela a l’air de rien, mais c’est plus simple à comprendre, c’est responsabilisant et plus souple, les paramètres peuvent s’ajuster facilement. C’est vrai que c’est un peu moins solidaire. Mais le système par point, c’est le régime de répartition intelligent. Ce système ne pourrait être étendu à la retraite de base, c’est trop compliqué. De toute façon, la question qui se pose pour le régime général des retraites, c’est à nouveau celle du déficit. Il pourrait atteindre pas loin de 10 milliards d’euros cette année. La réforme de 2008 a fait du bruit, mais elle n’a pas changé grand chose. Et il n’y a pas que la crise. Deux conclusions à tout ça. Une, concrète : pour sa retraite, chacun doit continuer à épargner, en assurance-vie, en immobilier, en actions. Une autre, politique : Xavier Bertrand a eu raison de quitter les Affaires sociales pour l’UMP avant le rendez-vous explosif de 2010.

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