**Le Fonds Monétaire International a présenté hier ses prévisions économiques mondiales de début d’année.Je vais être honnête : il y a deux ans, elles n’auraient pas valu trois minutes à la radio. Mais voilà, la première crise vraiment mondiale est arrivée, et ces tableaux économiques froids ont pris soudainement de l’intérêt... Alors, que dit le FMI ? La première chose, c’est le coup d’œil dans le rétroviseur qui permet de voir les gagnants et les perdants. Chez les perdants, on trouve deux pays dont on parle peu en France, la Russie, avec une récession de 9% - 9% ! , - et le Japon, à plus de 5 %. Ensuite, il y a l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, qui ont plongé de quasiment 5%. C’est injuste ou pas, les Etats-Unis, d’où tout est parti, font environ - 3% seulement. La France, -2,3%. A l’autre extrémité, la Chine et l’Inde affichent des croissances de plus de 8% dans un cas, de plus de 5 dans l’autre. Ces chiffres ont un goût irréel : si le chômage a grimpé en flèche, la plupart des pays ont traversé cette tempête incroyable sans bouleversement politique ou social majeur. Cela confirme la solidité de nos sociétés. Voilà pour le rétroviseur… Que dit le FMI pour cette année ?Que la reprise est là, mais aussi qu’elle n’est pas là ! Cela a l’air bizarre, mais je vais m’expliquer. D’abord, la reprise est là. La croissance mondiale serait de pratiquement 4% cette année, ce n’est pas mal du tout. Qui la fera ? Le tiercé n’est hélas pas surprenant : en gros, les grands pays émergents repartent à un train d’enfer, les Etats-Unis au trot, près de 3% de croissance, et la zone euro au petit pas, avec 1%. On peut ironiser sur les limites de cet indicateur du PIB mais cela ne suffit pas à se rassurer. Cela étant, le message principal est donc le suivant : la reprise est là, mais en réalité, elle n’est pas là. Ou plutôt, elle n’est là que parce que l’économie, surtout dans les pays développés, est encore sous perfusion monétaire et budgétaire. Ce sont les plans de relance qui ont empêché la machine d’aller dans le mur, ce sont eux qui la font avancer. Et si on enlève la perfusion, le risque est que l’économie titube à nouveau. Vous pourriez être un peu plus concret ?Je le peux avec deux exemples en France. L’Insee a annoncé hier que la consommation avait augmenté de 3% au quatrième trimestre 2009, meilleur chiffre depuis dix ans. Hourra ! Sauf que ce résultat s’explique par la prime à la casse qui a dopé les ventes de voitures. L’an dernier, sans l’excellente idée de la prime, la consommation aurait reculé. Or, elle va être diminuée puis supprimée. Autre exemple, le logement. Pour soutenir les constructions neuves, le gouvernement a mis en place une aide fiscale, le dispositif Scellier. Celui-ci marche du tonnerre mais il a un coût absolument prohibitif : chaque logement vendu sous ce régime est subventionné à hauteur de 60.000 euros. Cela peut-il durer ? Non. Partout, dans tous les pays, la pompe budgétaire a été actionnée mais le mur de la dette se rapproche à vitesse grand V, dit le FMI. Mais alors, la perfusion, faut-il la garder ou l’enlever ?C’est l’énorme défi de cette année et c’est ce qui rend les prévisions du FMI, comme il le dit lui-même pudiquement, je cite, “ très incertaines ”. La reprise est là mais elle n’est peut-être pas tout à fait là.**

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