Ce matin : la course de vitesse sur l’avenir de Schengen. Ça concerne aussi l’économie ?

Absolument. La libre circulation des personnes et des marchandises est un atout majeur à la fois de la vie européenne très concrète et de la construction européenne. Il ne s’agit pas seulement de la beauté du projet européen -on laisse cela aux esthètes-, mais aussi de la capacité des Européens à forger une action collective ou à revenir au chacun se débrouille dans son coin. Aujourd'hui, avec le retour des contrôles aux frontières, cet acquis est menacé Par l’incapacité à assurer un contrôle cohérent et partagé aux frontières extérieures, et d’abord en Grèce et en Italie ; par les failles évidentes de la lutte anti-terrorisme ; par la décision de l’Allemagne de jouer en solo sur les réfugiés –avec un accueil sans doute moralement admirable mais peu coopératif dans la forme ; par les chamailleries financières entre Etats.

Quelles solutions sont possibles ?

La première solution, réclamée par les souverainistes et les sceptiques est de supprimer Schengen. Il ne faut pas imaginer que cela serait neutre sur le plan économique. Les entreprises allemandes et le ministre allemand de l’économie craignent une catastrophe économique, avec des camions qui perdent des miliers d'heures aux frontières – et le disent. Le Medef, ainsi qu’Emmanuel Macron -occupé ailleurs- vont-ils dire quelque chose ? Pour l'instant, non. L’inefficacité de la fermeture durable des frontières est claire aussi : i y a 170 points de passage entre la France et la Belgique ! L’autre solution est modifier Schengen.

Et c’est là qu’il y a une course de vitesse…

D’un côté les ministres de l’Intérieur européens ont lancé mardi la procédure qui pourrait aboutir à ce que les frontières internes soient rétablies pour au moins deux ans. De l’autre, des décisions sont en route pour créer un corps européen de gardes-frontière, avec des matériels, des bateaux, des équipements intelligents, des croisements de fichiers etc. Ce n’est pas facile parce qu’il y a un vrai enjeu de partage de souveraineté. On ne peut pas dire que l’Europe ne fait rien -une enveloppe de 9 milliards d’euros européens est engagée. Mais en plus des drames humains des réfugiés et du spectacle affligeant qu'elle offre, l'enjeu économique est à prendre au sérieux.

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