Nous allons parler ce matin de nos impôts. Deux réformes fiscales sont sur la table et pourraient avancer cette semaine.

Oui, il ne reste plus que quelques jours avant que Nicolas Sarkozy, François Fillon et les ministres quittent vraiment Paris. Quelques jours pour sans doute avancer sur deux sujets économiques précis, même si tout sera bouclé après la pause, fin août- début septembre. Il s’agit, un, de la taxe professionnelle payée par la quasi-totalité des entreprises en France. Là, la réforme est presque bouclée, mais il faut caler quelques derniers détails. Il s’agit, deux, de la taxe carbone, ou contribution climat – énergie, la 2CE, c’est son nom de code officiel. Et là, c’est un impôt qui n’existe pas, mais sur lequel Michel Rocard rendra public demain un rapport. Dans les deux cas, la question posée est une question de courage – parce que les sujets sont très politiques et difficiles – et une question d’opportunité : peut-on, faut-il réformer pendant la crise ? D’abord, donc, la réforme de la taxe professionnelle… Oui, vous savez que cet impôt inventé en 1976 a été qualifié d’impôt « imbécile » par François Mitterrand, puis par Jacques Chirac qui avait promis de le réformer. C’est finalement Nicolas Sarkozy qui passe à l’acte. Le problème de cet impôt est qu’il pèse encore sur les investissements, ce qui n’est pas très malin et a des effets désastreux dans l’industrie. D’où la réforme. Alors, ce qui est curieux, c’est que le patronat devrait être ravi parce que l’Etat met de sa poche 6 milliards. C’est un chèque important et qui tombe à pic. Et pourtant, comme il y a quelques perdants, le Medef râle. Pour tout dire, le fait que Laurence Parisot soit en campagne pour sa réélection et que les perdants soient plutôt dans les services qui l’ont élu et que les gagnants soient dans l’industrie n’y est pas pour rien. Mais cette réforme est nécessaire. C’est plus compliqué avec la taxe carbone… Le sujet est différent parce qu’il s’agit de créer un nouvel impôt, ce qui n’est pas arrivé depuis … 1995, avec la CRDS, la petite ligne sur nos feuilles de paie. Cette fois, l’objectif est de changer les comportements à moyen terme. Mais si elle s’applique en 2010, la France sera encore dans la crise économique. Alors, est-ce urgent de renchérir le prix des carburants, du fioul, et peut-être même de l’électricité ? Le risque d’impopularité saute aux yeux. Et le contexte a évidemment changé depuis la conférence de Grenelle. Sur le fond, la plupart des spécialistes jugent nécessaire d’agir par les prix pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. Donc, oui, il faudra le faire. Mais à très court terme, ce ne pourra être qu’à dose homéopathique, à cause de la crise. Là aussi pour tout dire, le silence de certains écologistes est étonnant. Daniel Cohn Bendit assume la hausse des impôts dans « Les Echos » ce matin. On n’entend pas beaucoup Nicolas Hulot ou Cécile Duflot, pour les Verts. Y a-t-il quand même une voie de passage ? Etroite. Le principe de la taxe carbone peut être posé en 2010 mais tout l’argent récolté par l’Etat devra être redistribué en aides ou en incitations à économiser les énergies.

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