Comme la France, le Royaume-Uni va lui aussi interdire la vente de voitures essence ou diesel en 2040. Est-ce que c’est une tendance de fond ?

Si le parc automobile devient majoritairement électrique, comment alimenter tous ces véhicules ?
Si le parc automobile devient majoritairement électrique, comment alimenter tous ces véhicules ? © Maxppp / Julio PELAEZ

Ça commence à y ressembler, avec les annonces du ministre britannique de l’Environnement Michael Gove pratiquement copiées sur celle de Nicolas Hulot au début du mois. Et au-delà de la volonté politique qui s’affirme dans plusieurs pays, les étoiles de la voiture électrique commencent vraiment à s’aligner. D’abord, le progrès technique sur le stockage de l’électricité s’accélère. Le Japonais Toyota a annoncé mardi des batteries plus petites et plus puissantes qui donneront davantage d’autonomie à ses voitures à partir de 2020. Ensuite, les investissements de recharge des batteries montent en puissance. Les stations Autolib à Paris sont anecdotiques à côté de gros chantiers en cours en Chine ou aux Etats-Unis. Et enfin, les constructeurs accélèrent. Dès 2019, Volvo ne devrait plus fabriquer que des voitures électriques ou hybrides. Ses concurrents vont tous dans cette direction. Et l’américain Tesla doit livrer demain vendredi ses premières Model 3 à 35.000 dollars.

La voiture électrique, c’est donc pour tout de suite ?

Pas tout à fait, car il y a tout de même de gros cailloux sur la route. Je ne vous parlerai pas technique, ce n’est pas mon rayon. Mais côté économique, les défis s’accumulent. Défi pour les constructeurs. Quand on voit que le groupe PSA, qui fabrique les Peugeot et les Citroën, a des problèmes pour basculer son appareil de production des moteurs diesel vers les moteurs à essence, on peut imaginer que ça ne va pas être de la tarte pour faire le saut des moteurs électriques. De nouveaux venus pourraient rafler la mise. Défi aussi pour les fournisseurs d’électricité. Il faudra augmenter les capacités de production, avec des énergies propres, et avec des réseaux intelligents pour éviter de faire sauter les plombs du système lors des pointes de recharge des batteries. Défi du côté des matières premières, car il va falloir des quantités énormes de métaux comme le lithium pour fabriquer les batteries. Défi enfin pour nombre de professions en aval, comme par exemple les fabricants de lubrifiants, beaucoup moins sollicités par les moteurs électriques, ou encore les garagistes, car les moteurs électriques sont à la fois plus simples et plus solides. La voiture électrique, ça ne sera pas tant une révolution technique que la mutation de tout un système qui pèse lourd dans l’économie mondiale.

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