72 heures après le vote britannique sur le Brexit, où en est-on ?

La première chose qui frappe est que les Britanniques donnent l’impression de n’avoir absolument pas préparé ce divorce, qu'il s'agisse du risque de schisme écossais ou de l'étrange silence tout le week-end de David Cameron, premier ministre démissionnaire, et de Boris Johnson, l'ex maire de Londres porte-voix du Brexit. Comme s’ils étaient pris de vertige. Mercredi, les Britanniques découvriront sur leur télévision une première conséquence concrète de leur Out : les 27 se réuniront sans eux. Second élément frappant : qui jubile de ce vote ? Les Russes et les Chinois, et tout ce que l’Europe compte de partis extrêmes. Signifiant. Troisième élément : la réaction des Européens. Paris et Berlin ne sont pas d’accord, cela a été dit, sur la réponse à apporter à l’euroscepticisme. Mais ils sont d’accord sur un point : il est vital que les Britanniques mesurent concrètement les conséquences négatives, notamment économiques, de leur décision. Pas pour les « punir », mais afin que les Français et les Allemands tentés par le Front National et son équivalent allemand, l’AFD, ou d'autres pays, les voient. Parce que s’il ne se passe rien, on entendra : à quoi sert l’Europe ?

Mais Paris et Berlin ont en tête deux chemins différents pour le démontrer.

Les Français souhaitent que la procédure de divorce s'ouvre vite pour que des nouvelles règles économiques, financières, commerciales, de circulation, changent la donne concrète. Les Allemands pensent que même -voire surtout- si la procédure prend du temps, de toute façon cela va être la pagaille dans les mois qui viennent en Grande-Bretagne. Qui irait investir de l’autre côté de la Manche tant que la situation n’est pas clarifiée ? Quelle influence diplomatique ? De plus, pendant ce temps, Londres devra continuer à payer ses 13 milliards d'euros par an au budget européen. Conclusion : Pour Paris et Berlin, l’économie va payer cher le Brexit et les Britanniques vont regretter leur choix. Tout cela naturellement, personne ne l'admettra publiquement, mais c'est cela qui est en jeu.

C’est crédible ?

Les 27 jouent gros là-dessus et le couple franco-allemand encore plus. Parce que, encore une fois, c’est la démonstration des avantages ou pas de l’Europe qui est en jeu. Pour le reste, l’Allemagne, obsédée par la question de réfugiés, et la France, obnubilée par la présidentielle, moulineront beaucoup d'idées mais accoucheront de peu.

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