Les Echos, votre journal, révèle l’attaque en règle de la Cour des Comptes contre la taxe sur les transactions financières mise en place en 2012.

Une taxe créée par Sarkozy juste avant la fin de son mandat et musclée par Hollande ensuite. Il s’agissait de limiter la spéculation et de faire participer le secteur financier aux budgets publics. La Cour des comptes vient de réaliser un audit confidentiel du dispositif (il sera publié un jour) et se montre sévère. Pour elle, aucun des objectifs visés n’a été atteint, ce qui est une façon de dire que les intentions généreuses et dans l’air du temps peuvent tomber à plat. Concrètement, Bercy attendait 1,6 milliard d’euros par an de cette TTF, taxe sur les transactions financières qui se voulait une taxe Tobin à la française : en fait, moins de un milliard rentre dans les caisses. La taxe devait peser sur les banques, les assureurs etc, jugés coupables dans la crise financière : en fait, ce sont leurs clients qui paient la taxe quand ils achètent par exemple des actions. Les mouvements rapides de circulation des capitaux devaient ralentir : en fait, ils s’effectuent sous d’autres cieux. Enfin, la France devait entraîner le reste de l’Europe : le projet est au point mort. Bref, pour le dire simplement : c’est plutôt un flop.

Quelles leçons ?

Cela montre le côté démagogique d’un certain nombre de responsables publics quand un pays comme la France, qui n’est pas une place financière majeure, part en solo. A Londres, il y a une taxe sur les actions depuis … 1694. Mais Londres peut le faire, c’est un des deux coeurs du système financier mondial avec New York. La Suède a essayé dans les années 80 mais a dû y renoncer, les transactions ont très vite fui le Royaume. Alors, y a-t-il une solution européenne ? Ces dernières années, dix pays continentaux dont la France ont défendu l’idée d’une taxe pour financer la lutte pour le climat. Mais sans avancer et au conseil européen de vendredi dernier, il a été suggéré notamment par Emmanuel Macron d’en rester là tant que le Brexit ne sera pas réglé, pour éviter de faire du vieux continent un repoussoir pour les américains et les asiatiques qui voudraient traverser la Manche. Au total, la taxe Tobin, qu’on le regrette ou pas, est une chimère et le restera longtemps.

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