Le gouvernement et la majorité ont trouvé un compromis sur la rénovation des passoires thermiques.

Pastille DPE
Pastille DPE © Maxppp / Philippe Pauchet / Voix du Nord

C’est un sujet qui enflammait depuis 48 heures le monde de l’immobilier et concerne les sept millions de propriétaires des logements mal isolés ou en mauvais état. Ce n’est pas rien. Comment les inciter et/ou les forcer à effectuer les travaux indispensables pour qu’il y ait moins à les chauffer et donc qu’il y ait moins d’émissions de CO2 ? 

Les logements dans leur ensemble représentent 10% des émissions. En 2017, Emmanuel Macron avait promis de s’y attaquer et bizarrement rien n’était prévu dans le projet de loi énergie-climat discuté à l’Assemblée nationale. 

Ce sont des députés qui se sont mis au travail, d’abord en imaginant d’interdire purement et simplement la location de tout logement passoire d'ici à 2025. Puis en évoquant l’idée de confisquer 5 % du prix de vente d'une passoire thermique chez un notaire tant que les travaux n’étaient pas faits. Tollé quasi-général, avec le risque de faire monter les prix ou de geler les mutations. 

Hier, dans le bureau d’Edouard Philippe, François de Rugy a présenté un compromis qui convient à la majorité et que dévoile Les Echos. Les propriétaires des logements classés F et G -vous connaissez le dispositif du diagnostic de performance énergétique, avec ses pastilles de couleur verte, jaune, orange etc., c’est comme les vignettes Crit’Air-, ces propriétaires seront incités jusqu’en 2023 à faire des travaux avec des aides à la clé

A partir de 2023, arrivera l’obligation de rénovation, et en 2028, les logements non rénovés ne seront plus considérés comme conformes, ce qui devrait logiquement baisser leur prix à la vente. 

Ce calendrier pourrait-il être accéléré ? 

Ce sont les 150 Français tirés au sort pour la conférence citoyenne qui vont travailler pendant six mois qui le décideront. 

C’est moins radical que les idées de ces derniers jours, dix ans c’est tout de même long et cela peut changer dix fois, mais cela montre, comme les obligations applicables aux voitures, à l’agriculture, à la fiscalité-climat, à l’industrie, à la production d’énergie, cela montre que la transition énergétique peut et doit bousculer les comportements mais que très vite aussi elle bute sur les sujets de pouvoir d’achat (les prix des carburants), de patrimoine (le logement), de paysage (les éoliennes) etc. 

La période est celle du retour de l’Etat régulateur, mais il doit travailler avec des pincettes, pas un marteau-piqueur.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.