E. Macron s'est donné un air de Barack Obama sauvant l'automobile. La priorité immédiate est de vider les concessions mais il reste encore à convaincre que l'avenir n'est plus aux voitures thermiques.

Il est inhabituel qu’un président français présente lui-même un plan sur l’automobile, un secteur parmi tant d’autres. Du coup, il y avait un petit air de ressemblance (peut-être voulu on ne sait pas) avec Barack Obama, qui s’était beaucoup investi pour sauver son industrie automobile en 2009. 

Cela montre que l’Etat est au volant et c’est vrai qu’il met beaucoup d’argent sur la table (8 Mds annoncés y compris le soutien direct à Renault). Mais c’est quand même un brin surréaliste que l'Etat décide à la place des industriels de ce qu’il faut investir et où et quand et des usines à maintenir ou fermer. Passons. 

Sur le fond, il y avait le choix entre deux possibilités. 

- Un : secourir la filière automobile en l’aidant à liquider ses invendus et à faire redémarrer les chaînes classiques ; les industriels et leurs 900.000 emplois plaidaient dans cette direction. 

- Ou deux : opérer un basculement radical en aidant seulement la transition écologique, c’est-à-dire les voitures hybrides et 100% électriques ; c’était ce que souhaitait le monde de l’écologie. 

A l’arrivée, où est tombé l’arbitrage ? C’est un électrochoc aux clients pour ranimer le secteur à court terme, dès le 1er juin ; et à moyen terme, la priorité va à la production en France de véhicules électrifiés. Du coup, il y a des primes et des bonus pour presque tout le monde, les voitures essence et diesel (ce dont avaient un besoin urgent les concessionnaires), hybride (une demande de PSA) et électrique (l'attente spécifique de Renault). On connaît les inconvénients des primes et du stop and go : on anticipe aux frais des contribuables des achats qui auraient de toutes façons été faits. Mais il faut reconnaître que la période est exceptionnelle.

Si on veut absolument voir en vert la copie, on peut citer le cas de figure d’un propriétaire d’une voiture essence d’avant 2006 qui recevra 12.000 euros pour acheter une électrique à 25-30.000 euros. Honnêtement : ce n’est pas le cas le plus probable. Quand on a une voiture de plus de 15 ans, on ne peut pas (ne veut pas) dépenser autant !

Le cas le plus probable sera celui d’un Français qui va acheter une petite voiture thermique récente avec une prime à la conversion de 5.000 euros. Succès assuré : cela va être la ruée.

Conclusion ?

C’est un plan tous azimuts tout de suite parce que la crise est profonde, avec une direction qui est celle du véhicule moins carboné : c’est cohérent. 

Il est toutefois regrettable qu’Emmanuel Macron 1- ne soit pas allé au plus simple : baisser les impôts de production pour éviter les délocalisations, et 2- n’ait pas plus fortement dit que l’avenir n’est plus à la voiture thermique, parce que les transports représentent 30% des gaz à effet de serre et que chaque canicule nous montre l’urgence d’un basculement.  Ce basculement psychologique, il faudrait le faire un jour ou l'autre.

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