Il y a de la fièvre dans le secteur de la téléphonie mobile depuis l’arrivée de Free en janvier. Et hier, une tête est tombée ! Celle du patron de SFR, un des concurrents de Free à côté d’Orange et de Bouygues Télécoms. Frank Esser, qui dirigeait SFR depuis une dizaine d’années, a été congédié par sa maison-mère (Vivendi) pour n’avoir pas anticipé l’arrivée de Free. SFR a perdu 200.000 abonnés. Et le cours de bourse a dévissé. Cette tête qui tombe a l’air anecdotique. Non ! Car une tornade secoue le secteur en ce moment. Free a déjà plus de deux millions d’abonnés, mais a déjà connu aussi trois pannes. Et des abonnés sont furieux de la mauvaise qualité du service. Comme le nouvel opérateur loue des antennes-relais à Orange, celui-ci a son réseau saturé et a menacé de le débrancher. Bref, ça chauffe. Et cela pose une question : s’agit-il d’un démarrage poussif mais normal quand on essuie les plâtres ou les clés du téléphone ont-elles été données trop vite à Free ?Bon, et alors ? Deux choses sont certaines : Free a été « sur-favorisé » et Free a fait des « sur-promesses », trop de promesses. Le gendarme des télécoms, l’Arcep, et le gouvernement ont poussé pour que le vilain petit canard secoue les trois grands du secteur. Avec un argument logique : quand l’Etat n’a pas d’argent, il cherche à baisser les prix par la concurrence. Un calcul de coin de table montre que si tous les opérateurs s’alignaient sur les tarifs de Free, cela représenterait un gain de pouvoir d’achat de 10 milliards d’euros, soit un point de TVA ! Mais voilà, Free a fait des promesses qu’il a du mal à tenir. Ainsi, il a installé un millier d’antennes alors qu’il en faudrait … 15.000.Vous dites « sur-favorisé », cela veut dire trop favorisé ? L’histoire n’est pas finie, donc difficile à dire. Mais le cas Free pose une question économique intéressante sur la concurrence. Doit-elle être maximale ou optimale ? En clair, doit-elle être poussée quoi qu’il en coûte parce que le bénéfice sera là à terme ? C’est la thèse défendue par la commission de Bruxelles. Ou y a-t-il une balance à faire entre les avantages et les inconvénients ? Dans le cas du mobile, l’avantage, on l’a dit, c’est le pouvoir d’achat. L’inconvénient, c’est la qualité du service s’il y a une dégradation, le recul éventuel des investissements ou l’emploi. SFR, Orange, Bouygues pourraient perdre 10.000 emplois dans leurs boutiques. Mais d’autres emplois seront sans doute créés ailleurs.Donc, où penche la balance ? Restons modestes, disons-le : il est trop tôt pour se prononcer, même si spontanément, on pense que la concurrence sera bénéfique. Pour l’instant, il faut surtout que le secteur se calme ! Cela étant, une remarque : l’histoire n’est pas finie, les trois historiques ont encore un avenir, puisqu’ils vont déployer la 4G, le très haut débit, ultra-rapide, qui permettra par exemple, mais pas seulement, les jeux vidéo en ligne, avec un débit de 10 à 100 mégabits par seconde. Je donne cette précision pour impressionner et peut-être faire saliver les geeks !

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