Une polémique est en train de se développer sur le sérieux financier du projet d’Emmanuel Macron.

Oui, et c’est tout à fait normal que l’actuel favori des sondages soit à son tour passé au scanner, comme les autres candidats. Depuis des semaines, les projets économiques de François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen sont questionnés sous un angle : sont-ils réalistes - bien sûr chacun dans un registre différent ? Aujourd’hui, la question posée au projet d’Emmanuel Macron est : est-il ambitieux mais surtout est-il aussi sérieux qu’il paraît l’être ? Jeudi, Rexecode, un institut économique, a publié une note critique sur le coût des dépenses nouvelles promises et la faiblesse des économies en face. L’équipe du candidat a vertement répliqué dans une lettre ouverte, accusant ledit institut économique, proche des entreprises, de rouler pour François Fillon. Rexecode promet de répondre. Bon. Quelles sont les grosses dépenses de Macron ? L’allégement de la taxe d’habitation (10 milliards), le relèvement du budget de la défense et une myriade de gestes sociaux ou pour soutenir la compétitivité. Le candidat assure que cela ne dépassera pas 15 milliards d’euros au total.

Mais un exemple concret sème le doute.

Le service militaire d’un mois pour tous les jeunes, 600.000 par an. Cette proposition a d’abord été chiffrée à 15 milliards d’investissements pour reconstruire des casernes et deux à trois milliards par an de frais de fonctionnement. Désormais, on nous dit qu’il faut diviser ces chiffres par dix pour l’investissement et trois pour le fonctionnement… Ce n’est pas sérieux. Autre grosse interrogation, sur le plan d’économies de 60 milliards. Illustration : une économie de dix milliards est annoncée sur le coût de l’indemnisation du chômage, s’il baisse nettement grâce au retour de la croissance et un contrôle très renforcé de la recherche d’emploi. C’est beaucoup, entre un quart et un tiers du budget de l’Unedic. Idem sur les dépenses de l’État, ce n’est pas très précis. Au total, on voit bien le défi lancé à Emmanuel Macron. Il cherche à imposer une alternative raisonnable face aux alternances qui se succèdent depuis trente ans entre deux partis, les Républicains et les socialistes, et face à l’alternative extrémiste du Front National. Se montrer différent impose de l’être vraiment sur la clarté et la précision.

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