Emmanuel Macron a appelé hier soir les industriels français à réinvestir en France.

Il accueillait environ 200 industriels à l’Elysée, à l’occasion de la semaine de l’industrie, semaine au cours de laquelle 3.000 événements sont organisés dans toute la France pour promouvoir les métiers de l’industrie, qui souffrent parfois (à tort) d’une image vieillotte et ont du mal à recruter. Et le président a été clair avec les grandes entreprises : au lieu de courir le monde, vous les multinationales, relocalisez des usines dans les territoires en France, dans les villes moyennes, leur a-t-il dit. 

Emmanuel Macron considère qu’il a fait le job depuis dix mois en réformant le droit du travail, en allégeant l’impôt sur les bénéfices des sociétés et en se lançant dans une réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Il organise des raouts à Versailles pour attirer les investisseurs étrangers en France, mais demande aux grands patrons français d’y mettre eux-aussi du leur. Bref, sans que cela soit explicite, il attend un retour d’ascenseur. 

Alors ce message peut-il être entendu ? Oui et non. Clairement, le climat est meilleur entre les milieux économiques et le président, qui se comprennent. Pour la première fois depuis dix-sept ans, l’industrie recréé des emplois ici. 

Mais voilà le secteur de l’industrie, qui a lui aussi organisé une conférence de presse hier considère (chiffres en mains) que les conditions ne sont pas totalement réunies. Les coûts de production restent plus élevés qu’en Allemagne, parce qu’au delà du seul coût du travail, il existe des dizaines d’impôts qui pèsent sur le chiffre d’affaires – il y aurait un écart de 70 milliards d’euros avec l’Allemagne et France Industrie cite l’existence de … 250 taxes.

Qui a raison ?

Bercy reconnaît que les entreprises tricolores restent handicapées par rapport aux allemandes et Bruno Le Maire, qui ne veut pas qu’elles ratent aujourd'hui la vague de l’intelligence artificielle comme elles ont raté la robotisation il y a 15 ans, milite en faveur d’allègements de cotisations sur les salaires des personnels qualifiés. Mais où trouver l’argent ? 

En réalité, il y aurait bien un moyen : basculer certains impôts, pour les verdir, sur les activités polluantes des entreprises qui ne poussent pas assez les feux sur la transition écologique. Eh bien, je parie (et ce serait bien) que ce débat va prendre de l’ampleur d’ici le prochain budget.

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