Christine Lagarde a pris la main et impose ses choix. Après le plan à 750 milliards d'euros, la présidente de la BCE fait une interprétation extensive du soutien aux pays en difficulté. Avec succès, pour l'instant.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne © AFP / Elmar Kremser / SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance

La mission de la BCE est claire : officiellement, c'est la lutte contre le retour de l'inflation, mais elle se veut surtout désormais protectrice de l’euro, des économies et des pays en difficulté. 

En ce moment, on scrute beaucoup les décisions du Conseil européen et celles des Vingt-Sept capitales. Pourquoi ? Parce qu’elles sont politiques, qu’elles sont incarnées par des chefs d’Etat, et que les débats sont publics. Hier soir, le conseil européen a néanmoins échoué à trouver un accord. 

En revanche, ce qu’on voit moins, parce que c’est hyper technique et un brin austère, c’est ce que fait la BCE présidée par Christine Lagarde. 

Le 18 mars, elle a porté à plus de 1000 milliards d’euros la taille de son bazooka, en clair ce qu’elle va injecter dans le système financier pour racheter les dettes émises par les entreprises et les Etats. Et Hier, on a appris les détails de cette arme

Je vous les épargne, mais la conséquence est que la BCE se donne le droit de racheter davantage de dette des pays en difficulté comme l’Italie et l’Espagne – les deux pays les plus touchés par le virus. 

Alors, concrètement ? Quand un pays est affaibli, le taux d’intérêt auquel il emprunte pour se financer, ce taux augmente. Le taux italien est monté à 2,37%. 

Avec l’action de la BCE, il baisse et on évite une fragmentation voire un éclatement de la zone euro. C’est donc une vraie opération de solidarité. Hier, résultat, le taux italien a été divisé par deux. Les Allemands ne sont pas du tout chauds (ils sont la garantie ultime de tout ça), mais Christine Lagarde est passée en force.

Christine Lagarde s’impose donc ?

Maintenant, oui. Il y a deux semaines, elle avait commis une grosse « boulette » de communication, qui avait rendu furieux les Italiens. Cela semble réparé. 

Juriste de formation, elle a fait ces jours-ci une sorte de coup d’Etat juridique pour pousser la BCE à la limite de son mandat. Vous savez, Christine Lagarde est la seconde personnalité française à diriger la BCE dans une énorme crise – il y avait eu Jean-Claude Trichet. Mais son avantage est qu’elle bénéficie d’une grosse cote de popularité et d’un très important relationnel dans le monde. 

Est-ce cela suffira ?

Ce qui est sûr, c’est que si cela continue de tanguer, elle n’est pas au bout de ses peines. Volkswagen a demandé ce vendredi matin à la BCE d'intervenir davantage.

En attendant, l’agence Bloomberg a indiqué cette nuit qu’elle se serait d’elle-même isolée un peu après avoir été en contact avec un porteur de virus. Mais selon les informations que l'on peut avoir, cela a duré six jours et c'est fini.

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