Les Echos , votre journal, ont attribué hier leur Grand Prix annuel de l’économie à Mario Monti, le président du conseil des ministres italien.

Remis hier soir à Paris, ce Prix récompense la personnalité qui, aux yeux de notre jury, a incarné au cours de l’année écoulée l’événement économique le plus important. En 2010, nous avions distingué Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances, pour saluer l’attachement de l’Allemagne à l’euro et l’encourager dans la voie de la solidarité. En 2011, le Prix avait été décerné à Michel Pébereau pour son parcours à la tête de BNP Paribas, devenue une des premières banques mondiales, et pour sa contribution au débat plus que jamais présent sur la dette publique. Cette année, il nous a semblé que Mario Monti était l’homme de 2012 : il a opéré un remarquable redressement de la crédibilité internationale de l’Italie.

C’est un président du conseil atypique…

Il est en poste depuis un an quasiment jour pour jour, c’est un économiste de la très renommée université Bocconi, il a formé un gouvernement de techniciens et c’est vrai que son succès le plus évident, c’est d’avoir tourné la page du scandaleux et pathétique Berlusconi. Il a stoppé la dérive de l’Italie, de retour dans la famille européenne. Son image de marque internationale est excellente. Sa voix est écoutée. Un austère qui ne se marre pas beaucoup mais qui est respecté.

Mais qu’en est-il de ses résultats concrets ? Ce n’est pas si brillant que cela …

C’est certain, mais ce qui frappe, c’est qu’il essaie, il tente, il réforme. Sa priorité a été, est, de redresser les comptes publics pour enrayer la hausse de la dette, égale au chiffre effrayant de 126% du PIB. Il a remonté des impôts, mais intelligemment : quand il s’est aperçu que la hausse de la TVA allait plomber la croissance, il l’a reportée. Sa façon d’agir est un modèle du genre, réformer sans asphyxier. Disparue l’image rigide qu’il avait quand il était commissaire à la concurrence à Bruxelles. Mario Monti a lancé deux réformes clés : celle des retraites et celle du marché du travail. Il a aussi divisé par deux le nombre de provinces et ouvert le feu contre l’évasion fiscale. La fausse déclaration fiscale est désormais un crime !

Bon, mais concernant la croissance ?

Quasi nulle en 2010-2011 et la récession tourne autour de 2% cette année. Mais Monti a convaincu les Italiens et les économistes que cette faiblesse n’est pas due aux politiques de rigueur mais aux faiblesses structurelles de l’économie, qu’il est nécessaire de corriger. C’est le travail qu’a fait l’Allemagne il y a dix ans.

Je vous vois venir, Dominique : il y a des leçons pour la France !

Eh oui, vous voyez bien. L’action de Mario Monti montre que les réformes sont possibles. Message important parce que la France et l’Italie ont des similitudes, notamment un taux de chômage très élevé. Réformer est possible si la volonté est là. Monti l’a commencé alors que l’Italie avait déjà un pied dans le Pô. La France ferait mieux de s’y mettre avant d’avoir les deux pieds dans la Seine. Monti, un exemple à suivre.

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