Emmanuel Macron va s’exprimer sur les carburants au moment où deux tournants les concernent. On a beaucoup parlé de la baisse des prix à la pompe, moins du fait que le gazole est désormais plus cher que l'essence. Un changement historique.

Station essence
Station essence © AFP

On a déjà évoqué hier à ce micro la baisse des prix à la pompe, conséquence du repli de 30% des cours du pétrole depuis début octobre. Le gazole a perdu 12 centimes depuis son pic, le sans-plomb 95 huit centimes et cela va continuer. 

L’autre information qui intéresse les automobilistes est que le gazole est désormais plus cher que l’essence, en moyenne dans la France entière. Cela fait trois semaines que cela dure, cela se joue à un centime à peine, mais c’est un tournant historique. 

Car cela fait en effet plusieurs décennies que le gazole était moins cher, les conducteurs récupérant ainsi dans les stations l’achat d’un véhicule diesel plus onéreux. Même si un véhicule diesel consomme moins qu'un essence, on entend que les automobilistes se sentent floués.

Cela concerne beaucoup de monde puisque le gazole représente 80% des ventes de carburants. 

Pourquoi cette inversion des courbes ? 

- Un, même s’il est toujours moins taxé, les taxes sur le gazole augmentent plus vite que sur l’essence. Jusqu’à maintenant, on attendait un rattrapage en 2019 ou 2020. 

- Sauf que, c'est la seconde raison, le marché pétrolier, on trouve actuellement plus facilement de l’essence, dont les cours ont du coup davantage reculé. Pourquoi y-a-t-il en ce moment davantage d’essence ? Parce que c’est la fin de ce que l’on appelle aux Etats-Unis la driving season, période au cours de laquelle les Américains importent beaucoup de carburants pour leurs déplacements, notamment ceux de Thanksgiving. 

Le rattrapage de l'essence par le gazole est donc effectif, ce qui était l'objectif d'une partie de hausse de taxes.ors, faut-il continuer ?

C'est ce que prévoit le gouvernement. Au total, le gazole plus cher que l’essence, cela sera en effet encore plus le cas en janvier puisque les taxes sur le gazole grimperont de 6 centimes, celles sur l’essence de 3 seulement.  

Si elles augmentent … ! 

Elles augmenteront. L’idée d’une annulation des hausses prévues est écartée. 

Peut-il y avoir un moratoire de trois mois, le temps de concertations, comme le demandent les oppositions et une parlementaire En Marche ? Une surprise est toujours possible, mais ce serait une grosse surprise, hier soir plusieurs ministres disaient non. 

Ce sera une des missions du Haut conseil pour le climat qui sera installé aujourd’hui d’évaluer les mesures d’inspiration écologiques. Ce Haut conseil veut être le pendant du Haut conseil des Finances Publiques, qui donne son avis sur le budget et l’économie et qui n'est pas un comité Théodule - donc attention à ne pas sousestimer le petit nouveau. 

On verra en quels termes Emmanuel Macron évoque la dette climatique comme on évoque aujourd’hui  la dette financière.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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