Un nouveau venu gagne du terrain dans le téléphone mobile : c’est Android… Alors d’abord, Android, qu’est-ce que c’est Jean-Marc ? b> Pour comprendre, il faut remonter loin dans le temps. Au début, le téléphone mobile était un outil sinon idiot, du moins limité. Il servait à téléphoner et à rien d’autre. Les fabricants fabriquaient donc des systèmes tout simples pour les faire fonctionner. Mais les mobiles servent aujourd’hui à tout faire ou presque. A gérer ses adresses et son emploi du temps, à surfer sur internet, à savoir où on est et même à passer un coup de fil. Autrement dit, c’est devenu très compliqué. Pour faire tourner ces machines qui ressemblent de plus en plus à un ordinateur, il faut des logiciels très sophistiqués. Apple en a fabriqué un pour son iPhone, Microsoft propose son Windows mobile. Et le moteur de recherche Google a lancé le sien il y a deux ans. C’est lui qui s’appelle Android. Pourquoi Google fabrique des logiciels pour mobiles ?Pour une raison toute simple : c’est ici que se joue l’avenir de l’informatique. Dans l’ancien temps, à l’époque des grands ordinateurs, c’était IBM qui tenait le haut du pavé. Quand le micro-ordinateur s’est imposé il y a près de trente ans, Microsoft est devenu le roi du monde. La société de Bill Gates fabriquait, et fabrique encore, le système informatique qui fait tourner la grande majorité des PC. Mais aujourd’hui, le jeu se rouvre avec les téléphones mobiles. Tous les géants du secteur viennent y livrer bataille. Android, ce n’est pas un androïde, mais le cheval de Troie de Google. Alors justement, pourquoi Google réussit dans un secteur qui lui était étranger ?Avec deux atouts. D’abord, son système est gratuit, alors que Microsoft fait payer 15 dollars pour chaque mobile équipé de son logiciel. Ensuite, c’est un logiciel ouvert à tout le monde , alors que les Nokai, iPhone et autres Blackberry fonctionnent avec des systèmes fermés, au secret jalousement gardé par leurs fabricants. Résultat : une douzaine de modèles fonctionnent aujourd’hui sous Android, et beaucoup d’autres vont sortir dans les prochains mois. Motorola va complètement basculer sur Google. Le coréen Samsung s’y est mis. Le taiwanais HTC fait un tabac avec son Hero qui marche avec Android. Il n’arrive même pas à en produire assez. Les Chinois, comme ZTE, sont ravis d’avoir sous la main un système qu’ils avaient beaucoup de mal à concevoir. Et puis les opérateurs de télécoms comme Orange ou SFR voient d’un bon œil l’arrivée d’un concurrent de l’iPhone qui permettrait de rabattre, si je puis dire, le caquet d’Apple. Qui va gagner ? Impossible de répondre aujourd’hui. Mais ce qui se joue dans cette compétition n’est pas seulement une obscure histoire de plomberie pour appareils électroniques. C’est aussi et surtout le premier rang mondial dans les technologies de l’information. Google arrive avec un nouveau modèle, mais il n’est pas sûr de l’emporter. Les producteurs chinois espèrent bien finir par rafler la mise. En revanche, il y a déjà une certitude : sauf surprise de dernière minute, les Européens sont totalement absents de la bagarre, qui se jouera donc entre l’Amérique et l’Asie. Un affrontement symbolique de ce début de siècle.

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