Hier, ont été publiés les résultats des « stress tests » qu’ont subis les banques de la zone euro. Et ce matin, vous posez les trois questions qui fâchent.

La Banque centrale européenne a publié les résultats du bilan de santé auquel ont été soumises 130 banques de la zone euro. Bilan : une dizaine sont jugées fragiles en cas d’accident financier. C’est peu. Et en plus, elles sont minuscules et quasi-inconnues. Du coup, question qui fâche : peut-on vraiment faire confiance à ces tests de stress si peu stressants ? On est méfiant, parce qu’après les examens « sanguins » si l’on peut dire de 2010 et 2011, la banque franco-belge Dexia était passée au travers. Depuis, elle a fait faillite ! Cette fois, il semble que le job a été bien fait. Comme avec un crash test de voiture, on a secoué les banques, on a simulé plusieurs années de récession, un taux de chômage très élevé et une chute de 30% des prix des logements. Et elles ont tenu ! Bref, cela a l’air sérieux.

Deuxième question : Ces tests sont-ils vraiment utiles ?

Le monde de la finance attendait cet examen de passage depuis un an maintenant. L’idée, on l’a compris, c’est qu’éviter qu’une banque fragile n’entraîne les autres dans sa chute par un effet de domino. Mais la vérité des choses, au-delà, est bien plus politique. Ces tests constituaient la presque dernière haie à franchir avant ce que l’on appelle l’Union bancaire. Ce sera le 4 novembre. Les banques de chacun des dix-huit pays de la zone euro n’auront plus de compte à rendre à des instances nationales, mais à la BCE, à Francfort. Et si l’une d’entre elles a une difficulté, c’est un fonds de secours européen qui l’aidera. Les stress tests, sujet rasoir et technique ? En réalité, l’Union bancaire, c’est un transfert de souveraineté énorme et le moment le plus important depuis l’euro.

Troisième question qui fâche : comment se fait-il que la France ait des banques aussi solides et une économie aussi fragile ?

Le contraste est saisissant. Les treize banques françaises qui comptent s’en sortent bien. Leur niveau de fonds propres est élevé. Et d’un autre côté, la France est en croissance zéro pour la troisième année consécutive. D’où la question : des banques en forme, pour quoi faire ? Les banques aident-elles assez l’économie ? La réponse est que pour avoir un bon résultat aux analyses, elles ont serré le robinet des crédits vis-à-vis de certains emprunteurs jugés risqués, entreprises et particuliers. Mais le problème essentiel est bien que la demande de crédit, pour des investissements, est insuffisante. Là, certains auditeurs se demandent si je ne suis pas tombé sur la tête : ils ont des projets et envie d’investir ! Mais globalement, la situation est celle-là. La clé, c’est la confiance et elle n’est pas là. En France, les banques passent les stress tests mais l’économie est trop stressée pour redémarrer.

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Le blog de Dominique Seux

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