Vous commentez le bon chiffre du chômage de septembre.

Le chômage est un sujet sérieux. Mais me permettrez-vous de partager un amusement ? Il s’agit des réactions de la gauche et de la droite. Le gouvernement et les socialistes ont commenté, hier, un chiffre et un seul, le plus officiel, celui qui concerne les chômeurs que l’on pourrait dire à 100% (c’est la catégorie A) - c’est celui qui baisse de 24.000. C'est bizarre, quand la gauche était dans l’opposition, elle regardait le chômage au sens large, tous ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi, y compris les précaires, les stagiaires etc. Quant à la droite, hier soir, elle ne parlait que de la précarité et des radiations administratives -pour dire que la baisse est en trompe l’œil. Au pouvoir, elle récusait bien sûr ces baromètres. Au fond, c’est comme si on changeait de thermomètre à chaque fois que l’on change de pièce parce que cela nous arrange. Bref, ce jeu de rôle ne fait pas sérieux.

Mais sur le fond ?

Sur le fond, ce bon chiffre est une bonne nouvelle. En même temps, le passé enseigne qu’un mois ne suffit pas pour annoncer une inversion de tendance. Un point sur une courbe n’est pas (ou pas encore) une courbe ; comme un plateau andin (très haut) n’est pas une descente. La question clé est de savoir si la croissance est actuellement suffisante pour que la baisse se renouvelle. Alors que l'activité est censée être bien repartie depuis le début de l’année, le chômage est à peu près stable sur les derniers mois. Va-t-il y avoir une accélération de l’activité ? Franchement, cela ne saute pas aux yeux et on sait que de 1 – 1,5% de croissance ne suffit pas à faire reculer franchement le chômage. Et puis autre point, la multiplication des emplois aidés dans le secteur non marchand donne un coup de pouce aux jeunes mais d’abord aux statistiques et, surtout, ne dit rien sur la santé des entreprises.

François Hollande peut-il espérer que la courbe s’inverse avant 2017 ?

Reparte à la baisse, on l’espère. Efface la hausse enregistrée depuis 2012 : non. On en est à + 600.000 alors que le taux de chômage est deux fois moins élevé en Allemagne et en Grande-Bretagne.

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