Les entreprises multiplient ces jours-ci leurs professions de foi vertes contre le réchauffement climatique.

Cela n’a rien de surprenant, la COP22, le sommet sur le climat, se tiendra à Marrakech à partir du 7 novembre – vous noterez qu'il a moins de succès médiatique que la COP21 à Paris. Deux banques, le Crédit Agricole hier et la Société Générale aujourd'hui, ont annoncé ou vont annoncer qu’elles abandonnent le financement des centrales à charbon dans le monde entier, et plus seulement dans les pays développés comme cela avait été décidé l’an dernier. Il faudra regarder dans le détail, on ne va pas s'emballer non plus, mais on peut le dire désormais, on n’en est plus au simple green washing.

Pourquoi ?

Il y a d’abord un intérêt économique, et ce n’est pas honteux. Pour les banques, financer des centrales à charbon, c'est s'engager sur plus de 40 ans. Or on peut penser que d’ici là, il n’y aura plus de centrale à charbon. Donc, les banques risquent de perdre de l’argent. Mais il y a une autre raison, plus intéressante. La pression de la société civile, des ONG, est forte, très pointue. Cela fait plusieurs semaines que les Amis de la Terre, Greenpeace, des ONG de tous les pays demandent aux deux banques de dire stop à des projets dans tel ou tel pays et font campagne. Le risque de réputation compte énormément. C’est efficace. Au passage, on notera que le secteur privé, quand il s'y met, agit plus rapidement et fermement que l'Etat. Le spectacle lamentable offert par les portiques blancs ridicules et bourrés de caméras qui restent sur les autoroutes et routes alors que l'écotaxe a été abandonnée ou les atermoiements sur Fessenheim et Notre-Dame des Landes (quoi qu'on pense du fond) illustrent la procrastination du gouvernement.

Quoi qu'il en soit, le mouvement de conversion au vert est puissant.

L’agence Internationale de l’énergie a publié des prévisions qui montrent que la planète énergétique verdit vite. Aujourd’hui, les renouvelables représentent 23 % de la production électrique mondiale - attention, cela a l’air énorme, mais l’essentiel ce sont les barrages ! Mais dans cinq ans, ce sera 28 % et çà monte. Les investissements en renouvelables ont représenté l’an dernier plus de la moitié des investissements électriques, avec la baisse spectaculaire des coût des modules photovoltaïques. A noter que dans cinq ans, un tiers de la capacité éolienne et solaire du monde sera en Chine, pays où se construisait encore il y a dix ans deux centrales à charbon par … semaine.

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