La Banque centrale européenne a commencé à retirer les béquilles dans son soutien à l’économie.

Oui et on commence par une anecdote qui montre combien Mario Draghi, patron de la BCE, est un personnage clé de la zone euro. Figurez-vous que chacun guettait, hier, la couleur de sa cravate. Car les observateurs ont repéré qu’il arbore souvent une cravate bleue pour les grandes décisions, et rouge les jours ordinaires. Hier, pour une réunion attendue depuis des mois, elle était … violette. Peut-être un hasard, mais ce qui est sûr est que Mario Draghi a soufflé le chaud et le froid, le "en même temps" macronien. Le chaud : sa politique anti-crise de soutien à l’économie, qui passe par des injections massives de liquidités dans le circuit financier, va continuer. Mais -le froid- l’ampleur de ce soutien va quand même diminuer, on retire petit à petit les béquilles. La BCE ne rachètera plus «que» pour 30 milliards d’euros de titres par mois. Cette décision montre qu’elle a compris les erreurs des années 30, quand les soutiens avaient été retirés trop vite après 29, cela avait été catastrophique, et cela motre que Mario Draghi l’Italien sait dire non aux faucons allemands, qui voudraient voir tout de suite si l’économie peut marcher sans béquille à partir de la seule situation allemande.  

Au-delà, en quoi la décision d’hier est-elle importante pour nous ?  

Elle est porteuse d’une nouvelle positive : la BCE juge que la croissance est solide en Europe, à plus de 2%. La reprise, qui a démarré après la reprise américaine parce que les EU n'ont pas eu de crise de la dette, arrive Au total, Draghi, qui avait conquis sa légitimité en 2012 pour avoir dit que la BCE ferait absolument tout pour sauver la monnaie unique -et il l’a fait-, joue sa place dans l’Histoire avec cette phase délicate de normalisation. Il est notre M. euro parce qu’on voit bien que ce n’est pas sur le plan économique que l’Europe et la zone euro avanceront au cours des prochaines années mais sur le plan politique et de la Défense. En attendant, la Bourse de Paris a retrouvé hier un niveau qu’elle n’avait pas atteint depuis dix ans. On peut s'en moquer, mais elle a confiance.

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