Ce matin, on revient sur les craintes d’un effondrement de l’économie avec la résurgence de l’épidémie de Covid-19

Oui Ali, le gouvernement devrait donc durcir demain un peu plus le dispositif sanitaire, visiblement catastrophé par les chiffres de contamination annoncés dimanche. On parle à nouveau d’une sorte de confinement et du coup le débat récurrent de l’équilibre à trouver entre santé et économie est reparti de plus belle. Hier, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a ainsi mis en garde contre le risque d’un effondrement de l’économie française. 

Alors effondrement, le vocabulaire détonne. Surtout que Geoffroy Roux de Bézieux, ce n’est pas Philippulus, vous savez ce prophète fou qui poursuit Tintin dans l’Etoile mystérieuse en promettant la fin du monde. Non, le patron du Medef faisait même partie des optimistes cet été, quand il disait voir la lumière au bout du tunnel. 

Alors, s’il est devenu aussi alarmiste, c’est tout simplement car il craint que l’économie française ne soit plus en état de subir de nouvelles mesures de confinement, même si celles-ci s’avéraient moins dures qu’au printemps. En fait, nous semblons partis pour ce que les économistes appellent une reprise en forme de W, et le patron du Medef a peur que la deuxième branche descendante aille beaucoup plus bas que la première.

Est-ce que ces craintes sont justifiées ? 

Alors écoutez, jusqu’ici, les dispositifs mis sur la table par le gouvernement ont évité le pire, au point que le nombre de faillites est même pour le moment bien moins important cette année que l’an dernier. Mais voilà : s’il faut recourir à un nouveau prêt garanti par l’Etat pour traverser la crise, beaucoup craignent que certains entrepreneurs, découragés par un endettement de plusieurs années, finissent par jeter l’éponge. Et puis les entreprises qui avaient fait le dos rond pourraient finir par céder à la solution du plan social devant un horizon à nouveau bouché pour de longues semaines, au moins.

Bon, si l’on veut se rassurer, on peut se dire que les entreprises sont quand même mieux outillées qu’au printemps. Par exemple à l’époque l’activité du privé avait chuté de 50%, mais c’était notamment car beaucoup de chantiers de BTP avaient été purement et simplement fermés, faute de protocole adéquat. Et puis l’économie française a montré cet été une capacité de rebond que personne n’attendait et qui peut être un atout. De là à parier sur le retour des jours heureux promis par Emmanuel Macron, je ne m’y risquerais quand même pas.

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