Premier sujet, les propos d’Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, sur « le nucléaire, énergie d’avenir » ont déclenché une polémique.

Arnaud Montebourg ministre du Redressement atomique et non plus seulement productif ! Au-delà de la polémique, c’est surtout l’occasion de regarder les faits et de se demander ce que devient le nucléaire depuis Fukushima. La réponse est simple : il a été freiné, mais pas arrêté ; coup de frein, pas coup d’arrêt. Et donc, dans sa formulation purement descriptive, « le nucléaire, énergie d’avenir » d’Arnaud Montebourg n’a pas faux ; l’idée que l’on se fait d’une fin du nucléaire est faussée par l’Allemagne.

Concrètement, où en sont les programmes nucléaires ?

Des pays ont dit stop : l’Allemagne, l’Italie. Le Japon, lui, s’interroge encore. Mais des pays ont aussi des projets dans leurs cartons : la Pologne, la Finlande, la Tchéquie, l’Afrique du Sud. Et la Chine et la Corée continuent de s’équiper. La Grande-Bretagne va de l’avant elle aussi, comme la Russie ou l’Inde. Au total, 63 réacteurs sont en chantier dans le monde, à comparer aux 200 centrales et 440 réacteurs actuellement en service dans 31 pays. Mais, attention, le nucléaire n'assure que 20% de la production d’électricité des pays riches. Loin après les centrales à charbon et au gaz. Le solaire, l’éolien, la géothermie, eux, montent mais tournent autour de 6%. Alors, pourquoi toujours du nucléaire ? Il reste moins cher (c’est débattu) et chacun sait que les besoins en électricité vont continuer à grimper. L'Allemagne réalise que la sortie du nucléaire va lui coûter les yeux de la tête.

Donc, pas de coup d’arrêt, mais quand même un coup de frein par rapport à ce qui était prévu il y a encore deux ans.

Les causes de ce coup de frein sont plus variées que l’on croit. Le choc Fukushima a joué en Allemagne et en France. Mais aux Etats-Unis, c’est le succès du gaz de schiste qui a changé la donne. Et ailleurs, ce sont les contraintes financières. Les banques refusent de prêter de l’argent pour le nucléaire et les Etats, chacun le sait, n’ont plus d’argent. Bref, cela veut dire qu’il est encore difficile de savoir exactement ce qui va se passer et que la polémique politique et sur la sécurité se double d'enjeux économiques considérables.

Un mot pour finir sur le chiffre terrible de la hausse du chômage : + 41.000 en juillet.

Un chiffre dont il serait vain et idiot d’attribuer la responsabilité au gouvernement actuel comme il était vain et idiot de l’attribuer avant le 6 mai entièrement à son prédécesseur. On remarquera seulement que dans son discours, le PS, avant le 6 mai, dans l’opposition, -et aussi quelques médias- citaient publiquement et systématiquement le chiffre totalisant toutes les catégories de chômeurs, presque 5 millions aujourd’hui ; mais au pouvoir désormais, le PS fait référence, comme Jean-Marc Ayrault hier soir sur France 2, à la définition la plus étroite, 3 millions. Soyons charitables : il serait idiot d’être trop cruel sur cette faiblesse-là ! Mais il n’est pas vain de le signaler.

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.